Comprendre le conflit syrien en deux minutes

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Le conflit syrien, c'est quoi? Cinq années de bains de sang, 210.000 morts et 11 millions de réfugiés. Pour ceux qui voudraient rattraper leur retard sur le sujet et comprendre les grosses lignes, c'est ici que ça se passe.

Tout commence en 2011, pendant le Printemps arabe. C’est le moment où de nombreux habitants des pays arabes se révoltent en Tunisie, en Libye, en Égypte… Mais aussi en Syrie.

Les Syriens manifestent pacifiquement contre Bachar el-Assad, le président de la Syrie.Qui voit d'un mauvais œil le Printemps arabe. Et les manifestants qui dans d'autres pays ont fait tomber Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Égypte. Bachar el-Assad veut conserver sa présidence. D'où les répressions, les violences, les détentions et les assassinats.

Qui est en conflit ?

Au départ, il y avait donc les loyalistes fidèles à Bachar el-Assad d’un côté, les rebelles de l’autre. Mais ce n’est pas si simple : les rebelles sont sunnites alors que les loyalistes sont alaouites, un groupe ethnique dérivé du chiisme.

Pour faire court, il y a une différence dans l’islam entre les chiites et les sunnites. Les chiites sont en conflit ouvert avec les sunnites considérés comme « corrompus » par les États-Unis (cette vidéo explique de façon plus détaillée).

Une guerre sainte

Les loyalistes et les rebelles se battent donc les uns contre les autres. D'autres acteurs interviennent, et c'est là que ça se complique un peu.

D’abord, ceux qui soutiennent Bachar el-Assad. Il y a l’Iran (à majorité chiite), le Hezbollah (la milice libanaise, chiite elle aussi) et des combattants irakiens chiites. Ces soutiens ont donc une connotation religieuse mais viennent aussi d'alliances passées et d'intérêts personnels.

De l'autre côté, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Quatar prêtent main forte aux rebelles syriens. Ces trois pays sont à majorité sunnite et se battent par crainte de l'expansion du chiisme.

© Puissances en conflit en Syrie. © Thibault Conrotte

Et l’État Islamique? Les États-Unis?

En 2012, les terroristes de Daech (ou État Islamique) étendent leur front en Syrie. Ils sont en guerre aussi bien contre les rebelles syriens que contre Bachar el-Assad.Les États-Unis interviennent en Syrie pour lutter contre le groupe terroriste. Une coalition internationale (dans laquelle la Belgique est engagée) est créée en 2014 pour éliminer l'État Islamique.

Pendant que l’État Islamique massacre, le monde oublie les crimes de Bachar el-Assad pour reprendre les régions sous contrôle des rebelles: les barils d'explosifs lancés depuis des hélicoptères, les armes chimiques, les exécutions... Des dirigeants européens comme David Cameron veulent même collaborer avec Bachar el-Assad pour éliminer la menace de l’État Islamique.

Avant les attentats de Paris du 13 novembre, très peu de dirigeants partageaient cet avis. On était dans l’idée qu’il est impossible de s’unir avec le président syrien . Aujourd’hui, cette éventualité n’est plus autant repoussée. Sans parler des rebelles syriens qui se sentent abandonnés depuis que les dirigeants du monde parlent de s'associer avec le Bachar el-Assad.

Pourquoi parle-t-on des Russes en Syrie?

Vladimir Poutine a engagé des forces militaires sur le territoire syrien. Officiellement, c'est pour exterminer la menace terroriste de l'État Islamique. En réalité, les bombardements russes visent aussi les rebelles syriens pour aider Bachar el-Assad à reconquérir son territoire. La Russie et la Syrie ont des alliances politiques et commerciaux. Poutine défend son allié et montre à la scène internationale la puissance militaire de la Russie.

Voilà le conflit syrien (très) résumé. Que les politologues ne jettent pas de pierres, il aurait fallu parler aussi des Kurdes, des Frères Musulmans, des sources de financement, des milices, du Front al-Nosra et j'en passe. Allez lire l'article de Fabrice Balanche ici si vous voulez approfondir vos connaissances. Ou regardez le reportage de la journaliste Anastasia Popova, qui met des images sur ce conflit au Proche-Orient.