Charles Michel prêt pour les grands travaux: "Je n'ai pas peur des comparaisons avec les 5 Premiers ministres précédents"

Le Premier ministre a passé un 11 juillet constructif! En effet, Charles Michel (MR) a dévoilé, malgré les difficultés, les grandes lignes d'un accord. Après tout, Bart de Wever (N-VA) a bien renoncé à ses exigences concernant l'équilibre budgétaire. Mais ce qui a frappé lors de ce 11 juillet, date de la fête de la Flandre, c'est la fraternisation publique entre la N-VA, l'Open Vld et le CD&V: De Wever, Gwendolyn Rutten (Open Vld) et Wouter Beke (CD&V) ont passé toute la réception ensemble. Symbolique. 

Il y a trois ans, le 11 juillet 2014, la cour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles était le théâtre d'un rassemblement de la N-VA, l'Open Vld et le CD&V venus célébrer la fête de la Flandre. Quelques heures plus tard, ils se rendaient dans un lieu secret pour former le futur gouvernement flamand. En gros, l’Hôtel de Ville bruxellois est un peu l'endroit où tout a commencé.

Pour la fête du 11 juillet 2017, les trois chefs des partis de la majorité, Bart de Wever, Gwendolyne Rutten (Open Vld) et Wouter Beke (CD&V), se sont retrouvés pour discuter à nouveau de la ville. Pendant la réception qui suivait la célébration dans la capitale, De Wever et Rutten recherchaient la compagnie des autres. Pendant presque la totalité de la réception, ils sont restés dans un coin de la place. Pendant ce temps, les journalistes de VTM et de la VRT tentaient d'obtenir quelques bribes de conversation.

Plus tard, ils sont rejoints par Wouter Beke qui se mêle à la conversation. Les trois compères se lancent dans une conversation animée et attirent tous les regards lors de la réception. Cette conversation fait appel à l'imagination: on a affaire à trois chefs de parti qui discutent lors d'une journée symbolique, évidemment ça intrigue.

Charles Michel: "Ne partez pas en vacances en août"

Le message est aussi de montrer "que les présidents sont bien concernés par leur sujet". Car il y a, bien sûr, un regain d'optimisme au sein du gouvernement fédéral. Le Premier ministre Michel, le seul architecte du gouvernement qui n'était pas dans le cour de l'Hôtel de Ville (il était à la réception mais il avait d'autres obligations), est évidemment de bonne humeur.

Beaucoup ne veulent pas perdre le Premier ministre dans les actuelles négociations concernant le budget. Il l'a bien compris: "Ne partez pas en vacances en août" conseille Charles Michel à un groupe de journalistes. Le sentiment d'enthousiasme qui règne au sein du gouvernement fédéral est une dynamique à garder: montrer que le gouvernement fédéral travaille, qu'il aime la stabilité du pays, que l'affaire tourne alors qu'à Bruxelles et en Wallonie, tout est au point mort.

Charles Michel en a profité pour faire le point sur le ton de l'humour: "Toutes les deux semaines je lis ou j'entends 'le moment est venu pour le gouvernement' ou 'on arrive dans une période cruciale'. Alors oui, nous devons faire face à la pression...Vous pouvez me noter, mais à la fin des cinq ans. Je ne crains pas les comparaisons avec les cinq Premiers ministres précédents. C'est peut-être arrogant mais je pense vraiment que nous avons donné une autre direction au pays."

Le Premier ministre se prépare à beaucoup de discussions en privé. Il ne veut plus revivre ce qui lui est arrivé en octobre: une absence total d'accord. Cette fois-ci devrait être la bonne!

L'ouverture de De Wever et le programme de travail Peeters

En ce sens, De Wever a donné un signal clair dans les couloir de l'Hôtel de Ville bruxellois: obtenir le solde budgétaire en 2019 n'est pas réaliste. Cela signifierait des économies de 8 milliards et c'est beaucoup trop. De Wever donne aussi plus d'air à tout le monde notamment au CD&V et le MR.

Plus important encore, le déficit continue de baisser d'année en année et il est important que tout le monde en prenne conscience. Le budget contient donc en quelque sorte un lourd paquet de restructurations et de réformes. Kris Peeters, le vice-premier ministre CD&V, a donné le ton avec son ambition de donner à chaque Belge un travail. Se concentrer sur le marché du travail est donc à l'ordre du jour, ce que la N-VA et l'Open Vld réclament depuis longtemps.

Il y a deux exercices en parallèle: d'une part le budget mais aussi toutes les réformes que devra assurer un "super ministre". Mais c'est de plus en plus clair: il y aura une réforme de l'impôt sur les sociétés. Le CD&V obtiendra aussi ce qu'il veut: une plus grande justice fiscale.

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