Et les femmes alors? L'UNESCO inscrit une île japonaise où la gente féminine est interdite sur sa liste du patrimoine mondial

Le comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, réuni ce dimanche à Cracovie en Pologne, a décidé d'inscrire un nouveau lieu sur sa liste des sites culturels les plus précieux: Okinoshima. Mais cette petite île située au sud de la mer du Japon (entre la Corée du Sud et le Japon) est bien loin d'être "précieuse" pour tous. Le lieu est hautement sacré et interdit l'accès à toutes les femmes, quelle que soit leur nationalité.

La liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (ou UNESCO) rassemble en tout 1.073 biens et lieux situés aux quatre coins du globe. Ils sont épinglés pour leur beauté, la rareté de leur environnement, de leur patrimoine culturel, entre autres. Mais le tout nouveau lieu que le comité a décidé d'ajouter ce dimanche lors de son sommet annuel dans la ville polonaise de Cracovie pose sérieusement question.

Il s'agit d'Okinoshima, une petite île japonaise hautement sacrée, située à mi-chemin entre le Japon et la Corée du Sud. Son accès est totalement interdit aux femmes. Les hommes qui veulent s'y rendre ne peuvent y aller qu'une seule fois par an: le 27 mai, un jour d'hommage aux marins décédés dans une bataille navale tout près de l'île lors de la guerre russo-japonaise (de février 1904 à septembre 1905). En outre, le nombre de visiteurs est limité à 200. Autrement dit, pas grand-chose.

Et puis, avant de pouvoir poser le pied sur l'île, les hommes doivent passer par une série de rituels ancestraux, tels que le Misogi (ou nager nu dans la mer pour se débarrasser des impuretés). Ils ne peuvent non plus rien emporter de leur voyage: ni souvenir, ni caillou, ni brindille.

À cause des menstruations

La raison à cette interdiction aux femmes n'a jamais été exprimée publiquement. Selon une théorie répandue, qui s'appuie sur le Shintoïsme (la plus ancienne forme de religion au Japon), ce serait à cause de leurs menstruations, ce sang étant considéré comme impur. Et pourtant, même lorsqu'elles ne sont pas réglées, les dames sont refoulées.

Mais pourquoi l'UNESCO a-t-elle choisi d'épingler cette île aux allures - osons les mots - misogynes? Tout simplement parce que "les sites archéologiques préservés sont pratiquement intacts et offrent une image chronologique de la manière dont les rituels pratiqués sur l’île ont évolué du 4e au 9e siècle de notre ère", se justifie l'organisation sur son site internet. Elle abrite notamment un sanctuaire datant du 17e siècle et environ 80.000 objets anciens considérés comme des trésors nationaux. Grâce à cette reconnaissance dans la liste, l'île d'Okinoshima pourra bénéficier d'une partie des fonds de l'UNESCO pour sa préservation et ses entretiens.

Si cette nouvelle peut te faire enrager, sache que ce n'est pas le seul lieu discriminatoire inscrit sur la liste. Citons également le Mont Athos en Grèce, également interdit aux femmes et à tous les animaux femelles.

© epa

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