La polémique enfle: les scientifiques et les chercheurs wallons veulent pouvoir continuer l’expérimentation animale

Le projet de loi de Carlo Di Antonio (cdH) ne passe pas auprès de la communauté scientifique de Wallonie. Le ministre chargé du bien-être animal souhaite limiter l’expérimentation animale au strict minimum. Ce qui serait une grave erreur selon l'Académie royale de Médecine de Belgique.

C'est la polémique qui risque d'agiter le monde scientifique en Wallonie dans les semaines à venir: faut-il poursuivre l'expérimentation animale? Pour le ministre Carlo Di Antonio (cdH), la réponse est non. Ou du moins il faut la réduire au strict minimum, et arriver à trouver des méthodes de substitution, comme cela est prévu dans son code du bien-être animal. Ce qui énerve au plus au point la communauté scientifique.

Une menace pour l'économie wallonne?

L’Académie royale de Médecine de Belgique est montée au créneau pour fustiger ce projet, qu'elle "condamne" dans un long communiqué. Elle assure que la législation belge est "conforme à celle de l'Europe" et ne comprend pas pourquoi le gouvernement wallon veut la changer.

"L’interdiction (déguisée, à ce stade) d’utiliser des animaux de laboratoires paupérisera, en particulier la recherche préclinique dans les centres universitaires. Écarter les chercheurs wallons de la recherche translationnelle diminuera leur capacité d’adapter rapidement les acquis de la recherche à la pratique clinique. Cette perte d’expertise pénalisera les malades en retardant l’implémentation des progrès de la recherche", peut-on lire dans ce communiqué.

Autre point souligné: cette interdiction serait carrément une menace pour l'économie de la région: "L'impact sur les nombreuses entreprises pharmaceutiques wallonnes, secteur essentiel de notre économie, sera important et constituera une cause très probable de délocalisation".

L'Académie royale met donc la pression sur Carlo Di Antonio et le gouvernement wallon en étant persuadée qu'ils "n’agiront pas en fossoyeur du progrès médical, de la recherche en santé humaine et de l’économie pharmaceutique et biotechnologique en introduisant des normes s’écartant des standards nationaux et européens".

"Les chercheurs ne font rien pour avancer dans ces méthodes"

Ces arguments ne fond ni chaud ni froid à Michel Vandenbosch, président l'association de défense des animaux Gaia. "Les chercheurs ne font que répéter qu’ils sont en faveur des méthodes alternatives mais eux-mêmes ne font rien pour avancer dans ces méthodes", accuse-t-il dans la DH, tout en précisant: "Je ne parle pas de toute la communauté scientifique mais des chercheurs qui ont critiqué le projet en disant que son but est d’interdire l’expérimentation animale. La seule chose qui les intéresse est de pouvoir continuer les tests sur les animaux sans être freiner par une législations stricte."

Il espère pouvoir travailler main dans la main avec la communauté scientifique pour aboutir à des objectifs concrets et des méthodes alternatives dans le futur. Mais défenseurs de la cause animale et scientifiques ou chercheurs pourront-ils réussir à s'entendre sur ce sujet polémique qu'est l'expérimentation animale?

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