DéFi vote le décumul intégral, Ecolo et cdH consultent, le MR s'impatiente: on est encore loin d'un accord

Olivier Maingain et ses troupes se sont donnés rendez-vous lundi soir lors d'un conseil général. Le but? Voter pour un ensemble de mesures censées assainir le monde politique. En matière de décumul, Défi est sur la même ligne qu'Ecolo et il sera intégral. Ça n'arrange évidemment pas le MR qui en plus s'impatiente et doute quelque peu de la loyauté du cdH. Ambiance.

On savait que les négociations allaient prendre du temps. Mais plus les jours passent plus on se dit que ça va être compliqué. MR, cdH, Ecolo et Défi ont les pires difficultés à s'entendre, chacun fixant ses priorités.

C'était au tour de Défi cette fois. Réunis en conseil général, Olivier Maingain et ses troupes ont adopté une série de mesures en matière de bonne gouvernance. Soit les grandes priorités du parti amarante qu'il a adressées aux autres partis.

Et comme Ecolo, Défi s'est montré en faveur du décumul intégral: aucun député ne pourra exercer une fonction locale exécutive (bourgmestre, échevin, président de CPAS), et inversement. Quant aux rémunérations, elles sont fixées, qu'elles soient publiques ou privées, à 150% de l’indemnité parlementaire.

L'obstacle du décumul

Cette vision du décumul n'est pas compatible avec celle du MR. Les libéraux plaident depuis longtemps pour un décumul pour les communes de plus de 50.000 habitants. Le cdH est lui favorable au décumul des rémunérations mais pas des mandats. Bref, les quatre partis s'opposent en deux blocs et on ne sait pas très bien qui finira par lâcher du leste.

En tout cas le PS est à l’affût. Hier soir, Laurette Onkelinx a tweeté en affirmant qu'il existait une majorité francophone pour voter le décumul intégral au Parlement bruxellois. MR et cdH fulminent. Un scénario qui verrait un retour du PS à Bruxelles est toujours possible.

Défi se rapproche également des propositions émises par Ecolo sur un autre point: donner au citoyen la possibilité de proposer un décret (Wallonie) ou une ordonnance (Bruxelles). Soit une forme de consultation populaire aussi bien au niveau local que régional. Et les citoyens pourraient aussi être amenés à se prononcer sur des sujet qui doivent être tranceé. Exemple: la suppression ou non des provinces.

Quand le communautaire s'invite

Et puis Défi ne serait pas l'ancien FDF sans ajouter un petit ingrédient communautaire au débat. Il propose la suppression des groupes linguistiques au parlement régional bruxellois, ensuite, il veut mettre fin à la règle qui garantit au moins un échevin flamand pour chaque commune bruxelloise. Là encore, on voit mal le MR accepter une telle proposition quand on sait qu'il gouverne avec la N-VA au niveau fédéral.

cdH et MR, plus tout à fait sur la même longueur d'onde

Et comme si cela ne suffisait pas, il y a une certaine tension entre cdH et MR. Olivier Chastel s'impatiente. Les préalables d'Ecolo et Défi ralentissent le débat au niveau des négociations sur les prochaines majorités. Il trouve que cette séquence a assez duré et craint même que les entités fédérées reprennent leur fonctionnement normal en vue de faire passer certains dossiers.

En Wallonie, le cdH aimerait faire adopter la loi sur les allocations familiales chère à Maxime Prévot (cdH). Problème: le PS met dans la balance sa loi sur la suppression de la redevance TV. Les langues commencent à se délier chez les libéraux et cette attitude du cdH les énervent au plus haut point: "Quand on retire la prise, on la retire". Une autre source résume la situation par cette métaphore: "Quand un couple a divorcé, on ne repasse pas de temps en temps à l’acte."

C'est dans ce contexte qu'il faut avancer sur les futures coalitions. Les quatre partis devraient d'ailleurs être amenés à se rencontrer d'ici la fin de la semaine. cdH et MR privilégient encore une coalition à quatre et ce pour les trois entités (à Bruxelles, en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles). Mais on voit mal comment un accord pourrait tomber dans ce laps de temps.

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