Enfin! Twitter testerait une fonctionnalité pour dénoncer les fake news qui pullulent sur sa plateforme

Informations mensongères, faux comptes, trolls haineux... Twitter serait en passe de faire le ménage sur sa plateforme. Un outil serait en test pour permettre aux utilisateurs de repérer les faussaires. Explications.

Twitter pourrait être en train de tester une nouvelle fonctionnalité. Celle-ci permettrait aux utilisateurs de dénoncer les informations trompeuses, fausses ou offensantes, selon deux personnes proches de l'entreprise.

Cette fonctionnalité ne sera peut-être jamais opérationnelle mais elle vise à faire le ménage sur le réseau social. Elle pourrait prendre la forme d'un petit onglet apparaissant dans un menu déroulant à côté des tweets, selon ces deux mêmes personnes qui parlent sous le couvert de l'anonymat car ils ne sont normalement pas autorisés à diffuser cette information.

Manipulation des tendances

Le Washington Post a d'ailleurs pris contact avec la porte-parole officielle de Twitter qui n'a pas voulu confirmer l'information, au contraire. Emily Home a affirmé qu'il n'existe "aucun plan actuel qui vise à lancer cette fonctionnalité". Elle a fait savoir qu'il y a néanmoins un renforcement du personnel, des ressources et la création de différents outils sans donner plus de détails.

"Twitter travaille intensément pour détecter les comportements indésirables", a pour sa part déclaré le vice-président Colin Crowell dans un article publié plus tôt ce mois-ci sur son blog. Ces comportements incluent des comptes automatisés qui relancent le même message à plusieurs reprises et parfois dans un effort concerté en vue de manipuler les tendances sur Twitter. "Nous avons doublé nos efforts", a-t-il ajouté.

Twitter est en fait en proie à de nombreux problèmes. Des faux comptes peuvent s'acheter pour plusieurs centaines de dollars note encore le Washington Post. Ce sont ces comptent qui relaient et qui balancent de fausses informations. En plus, pas mal de comptes sont utilisés par les extrémistes en tout genre, sans compter les trolls haineux qui menacent les minorités et les femmes.

Confusion du débat

Ces problèmes ont été mis en exergue lors de la campagne présidentielle aux Etats-Unis. Nombreux sont les chercheurs à avoir souligné l'effet toxique des médias sociaux sur le débat public. Par exemple, les deux tiers des électeurs disent que les informations fabriquées qui se sont rependues sur Twitter ont causé "une grande confusion" selon un sondage du Pew Research Center. Le service Twitter Audit a aussi estimé que 59% des supporters de Trump sur Twitter sont des robots ou des faux comptes. C'était pas beaucoup mieux avec Hillary Clinton qui est à 66%. Des estimations que Twitter n'a pas voulu commenter, a fait savoir le Washington Post.

On ne sait donc pas si cette nouvelle fonctionnalité verra le jour. Mais ce qui est certain c'est que le problème est bien réel. Facebook a d'ailleurs également entamé une lutte contre les fake news sur sa plateforme. En mars, la société a déployé un outil qui permet aux utilisateurs de signaler un contenu qu'ils pensent faux en cliquant sur un onglet. Si suffisamment de personnes contestent le post, il est envoyé à des experts indépendants auxquels Facebook s'est associé. Google a également demandé au public de l'aider à repérer les pages trompeuses ou offensantes.

Efficace?

Le danger maintenant c'est que ces outils soient manipuler. Le temps nous montrera s'ils se montrent vraiment efficaces. En attendant, après la phase de test, les nouvelles fonctionnalités sont normalement testées en interne. Elles partent ensuite vers l'extérieur parmi un petit groupe de testeurs. On verra si c'est le cas pour ce nouvel outil Twitter.

Il faudra de toute façon lutter contre les fake news sur plusieurs niveaux. Twitter développe d'ailleurs un programme qui permet aux machines d'apprendre à détecter les contenus frauduleux. Une analyse qui est faite à partir de micro-signaux.

On prend rendez-vous dans les prochains mois pour voir où en sont tous ces outils.