Le décumul intégral? Pour le MR, ce sera non!

Le MR n'est pas favorable au décumul intégral des mandats, une proposition d’Écolo pour tenter d'assainir le monde politique francophone. Olivier Chastel, président du MR, fixe les priorités ailleurs en matière de bonne gouvernance. Et il a affirmé que ces discussions pouvaient se faire en parallèle à des discussions sur les prochaines majorités.

Assiste-t-on à un nouveau coup dur dans la constitution de nouvelles majorités en Belgique francophone? En tout cas, rien ne sera simple. Définitivement.

50.000

Cet après-midi, c'était au tour d’Écolo et du MR de se rencontrer. Si on est encore en "phase de discussions" comme tous aiment à le dire, Olivier Chastel, le patron des libéraux, a fait savoir qu'il ne se plierait pas à une des exigences émises par les Verts la semaine dernière. Il s'agit du décumul intégral des mandats pour les parlementaires (député/échevin) et l’ensemble des fonctions régionales à responsabilité importante (Ministres, chefs de cabinet, directeurs généraux des administrations, et des organismes d’intérêt public et intercommunales qui ne pourront plus exercer aucun autre mandat exécutif).

Olivier Chastel a répété que sa formation appuyait plutôt le décumul pour les seuls mandataires issus des villes de plus 50.000 habitants. En gros, cela vaut pour Liège (PS), Charleroi (PS), Namur (cdH), Mons (PS), La Louvière (PS), Tournai (PS), Verviers (PS), Seraing (PS), Mouscron (cdH) et les communes bruxelloises. "Ni pour Publifin, ni au Samusocial, ce ne sont des parlementaires qui sont à la base du problème...", s'est-il justifié devant les journalistes qui l'attendaient à la sortie de la Chambre.

Trop de mandataires?

Pour le président du MR, les priorités sont ailleurs: comme pour Bart De Wever, il a peur qu'un décumul intégral ne fasse exploser le nombre de mandataires. Or pour lui, les changements en matière de gouvernance doivent principalement porter sur une rationalisation des structures, une réduction du nombre de mandataires, et la lutte contre les conflits d'intérêts, note La Libre. On apprend d'ailleurs que le Bureau politique du MR a validé la suppression des Provinces ce matin

En outre, il pense que ces discussions sur l'assainissement de la vie publique peuvent se faire en parallèle avec des discussions sur l'établissement de nouvelles majorités. Histoire de ne pas tout bloquer et que les institutions puissent continuer à remplir leurs missions.

"Convergences"

Olivier Chastel a néanmoins déclaré à l'issue de la réunion "qu'il y avait beaucoup de convergences finalement" avec les Verts. Patrick Dupriez, co-président d’Écolo, a appuyé ces propos: "Il y a assez de points de convergence pour poursuivre le dialogue. On verra jusqu'où. On cherche des partenaires tous azimuts pour faire évoluer les choses".

Les co-présidents d’Écolo poursuivront donc leur tour de table avec le PS et Défi mercredi matin. De son côté, Benoît Lutgen, le président du cdH compte passer de "la phase d'écoute" à une "analyse approfondie" de la situation. Il rencontrera à nouveau Oliver Chastel ce mardi.

Mais le point de discorde principal se situe toujours chez Défi et Olivier Maingain. Le président de l'ancien FDF tient absolument à ce que Joëlle Milquet fasse un pas de côté: "Je suis en droit de considérer qu’une mandataire inculpée ne peut pas faire partie de la majorité", a-t-il martelé ce dimanche sur le plateau de la RTBF, précisant qu'il n'en faisait pas pour autant "une fixation". De son côté, Benoît Lutgen est venu au secours de sa députée en répétant qu'elle n'exerçait plus de fonction exécutive.

La suite au prochain épisode.

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