Les jours d'Elio Di Rupo sont comptés (même le PS ne peut plus le protéger)

Après la trahison du cdH, le PS était indigné et en colère. Mais la décision de Benoît Lutgen aura des conséquences beaucoup plus grandes. Le PS pourrait perdre sa majorité. Et le rôle d'Elio Di Rupo n'est plus défendable: il est l'homme qui a mené le parti dans cette situation critique. Il va devoir laisser la place à Paul Magnette.

Les crises politiques sont comme le théâtre: il y a un ordre logique entre chaque acte. Au PS, ils étaient "indignés" devant la trahison du cdH. Dans un moment pareil, quand le parti est attaqué, on serre les rangs. Puis tout le monde va se rallier derrière le leader et il n'y aura pas de temps à perdre en tergiversations internes.

Mais le PS ne peut pas tenir de tous les côtés. Après la déclaration de Lutgen, qu'il a confirmé durant la journée à la radio et à la télévision, la coalition entre les socialistes francophones et démocrates-chrétiens est définitivement achevée. Une relation de coopération loyale qui en 24 heures s'est transformée en colère et indignation.

En 2014, il y avait déjà eu une rupture similaire avec le MR. "Comment ont-ils osé?" avait lâché dans un cri légendaire Laurette Onkelinx (PS), l'autre chef de file qui pourrait bien devoir partir. Parce qu'à l'époque déjà, les socialistes wallons pouvaient difficilement accepter qu'une coalition puisse être faite sans eux.

Et le PTB, qui réalise des scores faramineux dans les sondages en Wallonie et à Bruxelles, ne pourrait pas s'associer avec le PS. Sauf s'ils convainquent les électeurs bien à gauche du PS d'opter pour la "vraie alternative", qui se présente comme non affectée par les pratiques commerciales peu recommandables et la corruption.

Di Rupo n'a jamais osé faire le ménage

Au moment où le PS sera effectivement dans l'opposition, les socialistes vont devoir rendre des comptes. Et tous les regards seront braqués sur Di Rupo. Car, sous sa présidence, aucune réponse intelligente n'a jamais été donnée à tous ces scandales. Après Publifin, Liège a pris des semaines pour mettre la situation sous contrôle et la solution n'en était une qu'à moitié.

Le pire a eu lieu à Bruxelles, où Yvan Mayeur et Pascale Peraita se faisaient de l'argent sur le dos d'une association qui vient en aide aux plus démunis. Il a fallu attendre de nombreux jours avant que les démissions de Rudi Vervoort, Mayeur et Peraita soient demandées. Mais de Di Rupo, toujours aucune nouvelle.

Un ancien Premier ministre peut-il encore être un chef de parti crédible et rester dans l'opposition? Cette question n'a apparemment n'a jamais été abordée au PS en 2014. Parce que quand Elio Di Rupo a dû remettre les clés du 16 à son successeur Charles Michel (MR), il avait déjà réclamé la présidence du PS. En retour, Paul Magnette, la nouvelle star du PS, pouvait devenir le Premier ministre wallon.

Mais la stratégie de Di Rupo tombe à l'eau maintenant. Si Magnette reprend les rênes du parti, et tout porte à croire que ce sera le cas, il y aura un homme de trop au sommet du PS. Les jours de l'ancien Premier ministre sont comptés et ça ne devrait pas faire long feu.

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