Des femmes racontent comment c'est de travailler pour la marque Ivanka Trump: c'est l'enfer sur Terre

Le journal The Guardian a recueilli des témoignages de personnes travaillant pour les usines de production de la ligne de vêtements Ivanka Trump en Indonésie et c'est alarmant. Les employés, dont la grande majorité sont des femmes, sont sous-payés et sont souvent victimes de violences verbales. Certains couples n'ont même pas les moyens de subvenir aux besoins de leurs enfants. 

En mai dernier, un militant de l'ONG China Labor Watch a fait une enquête sur les conditions de travail au sein des usines qui sous-traitent la production de la marque de vêtements Ivanka Trump en Chine.

Résultat: l'ONG a découvert que les travailleurs étaient payés en dessous du salaire minimum légal, que les employés étaient victimes de violences verbales par leur employés et qu'il y avait beaucoup de violations des droits de la femme.

Peu de temps après, la même personne s'est fait arrêté et deux autres personnes impliquées dans l'enquête ont soudainement disparu.

Et il n'y a pas qu'en Chine que les conditions de travail sont déplorables. Le journal The Guardian a recueilli plusieurs témoignages d'hommes et de femmes qui travaillent pour une des usines en Indonésie de la marque Ivanka Trump et c'est bouleversant. Ils travaillent dans l'usine Buma, située dans la ville de Subang. Certains expliquent qu'ils sont tellement mal payés qu'ils n'ont même pas les moyens de vivre avec leurs enfants. Des femmes reçoivent un "bonus" si elles décident de quand même travailler quand elle sont réglées.

154 euros par mois

Une des travailleuses, Alia (c'est un nom fictif, car elle a voulu garder son anonymat), a avoué que même si elle et son mari travaillent, ils n'ont pas les moyens de garder leurs enfants. Ils ont dû envoyer leurs enfants vivre chez leur grand-mère à des heures de moto de chez elle.

Quant à Alia, elle vit avec son mari dans des conditions difficiles. Elle ne voit ses enfants qu'un weekend par mois, quand ils ont assez d'argent pour faire un plein d'essence. Elle gagne à peu près 154 euros par mois, soit à peine de quoi survivre en Indonésie.

Quand elle a entendu parler du livre d'Ivanka Trump , Women Who Work (un guide de conseils pour aider les femmes à mieux concilier vie privée et professionnelle), elle a ri. "Pour moi, une vie équilibrée est quand tu peux voir tes enfants plus d'une fois par mois", a-t-elle dit.

Sita, une autre femme de 23 ans, a commencé à travailler pour la marque Ivanka Trump il y a un an, quand ses parents sont tombés malades et qu'elle avait besoin de gagner sa vie.

"Je n'en peux plus. Je travaille plein d'heures supplémentaires sans être payées et je ne gagne qu'à peu près 153 euros par mois. Je prévois de quitter la ville de Subang, car le salaire minimum est bien trop bas. Mais je ne sais pas encore où aller, je ne connais personne".

"Animal, singe, idiot"

Les femmes qui travaillent à durée indéterminée ont quand même quelques avantages (si on peut appeler ça comme ça): trois mois de congé maternité, une assurance santé et un bonus mensuel d'à peu près 9 euros si elles n'ont pas pris congé quand elles avaient leurs menstruations.

Sept des personnes interrogées ont avoués qu'elles se sont déjà fait traitées "d'animal, de singe ou d'idiot". Et apparemment c'est courant.

Un autre homme, Fadli qui travaille aussi à Buma, voit tous les jours le prix de vente des articles de la marque Ivanka Trump. "Je suis fière de travailler pour une marque connue, mais à cause des prix de vente, je me demande, pourraient-ils nous payer un peu plus?".

Bref, Ivanka avec son livre semble tout savoir sur comment trouver l'équilibre entre le travail et la vie privée, mais cela ne s'étend clairement pas aux femmes qui travaillent pour elle à travers le monde.

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