Ces législatives au Royaume-Uni ont mis un sacré bordel: aucun parti n'a la majorité, que va-t-il se passer maintenant?

On peut dire que la Première ministre britannique a été prise à son propre piège: elle voulait renforcer sa majorité et maintenant, elle l'a perdue. Après ces élections législatives au Royaume-Uni, il n'y a plus de parti majoritaire, que va-t-il donc se passer? 

C'est Theresa May qui avait demandé ces élections pour accroître sa majorité mais on peut dire qu'elle s'est fait prendre à son propre jeu. Elle disposait d’une majorité absolue de 4 sièges dans le Parlement sortant et maintenant, elle n'aurait plus de majorité du tout car pour le moment, les Conservateurs compteraient 316 sièges. Les Travaillistes de Jeremy Corbyn font eux une grosse progression et gagnent 37 sièges, ce qui les amène à 266. Mais pour avoir la majorité il faut au moins 326 sièges donc maintenant plus personne ne l'a.

Que va-t-il se passer?

Si ces résultats se confirment, les conservateurs auront deux choix: soit composer un gouvernement minoritaire soit essayer de former une coalition avec un ou des autres partis. S'ils choisissant de rester minoritaires, il faut qu'ils s'assurent du soutien ponctuel d'autres partis pour faire voter leurs projets au parlement. Mais rien n'empêche les autres partis de former une coalition également. Dans tous les cas, les discussions risquent bien de prendre plusieurs semaines.

Va-t-elle démissionner?

Theresa May est poussée vers la sortie. Jeremy Corbyn a appelé la Première ministre à démissionner. "Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance. C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif" a-t-il déclaré ce matin dans un message adressé à ses électeurs. Mais Theresa May ne semble pas l'entendre de cette oreille. Ce matin, elle a réaffirmé que le Royaume-Uni avait besoin de stabilité et que c'est son parti qui lui apporterait "Quels que soient les résultats".

Et le Brexit dans tout ça?

Ces résultats vont fortement perturber l'agenda du Brexit: les discussions étaient censées commencer dans une dizaine de jours. En plus, Theresa May voulait renforcer sa majorité pour pouvoir négocier un Brexit ferme mais maintenant elle n'est plus en position de force. "Il semble qu’il va y avoir de l’instabilité et qu’il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme" explique un professeur de l'université de Bristol, Tony Travers.

Maintenant, en tout cas, la réputation et la force politique de Theresa May en ont pris un coup et elle va vraiment avoir du mal à faire passer toutes ses demandes pour le Brexit.

"L'article 50 a été déclenché et nous sommes en route. May a mis tout ça en péril. Même (le ministre du Brexit) David Davis commence à faire des concessions", a tweeté Nigel Farage, l'ancien leader du parti Ukip.

Theresa May a tenté un gros coup de poker mais elle s'est plantée. Maintenant il va falloir limiter les dégâts.

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