Que s'est-il vraiment passé au G7? Pas mal de protocole, des petites tensions et le climat mis sur pause

Alors que les enjeux sont considérables, le premier jour du sommet du G7 n'a pas abouti sur grand chose. Et de fait, quatre invités sur sept y effectuaient leur grande première. Du coup, on a une nouvelle fois assisté au bal des sourires et des poignées de mains, comme pour le sommet de l'Otan. Mais en coulisses, la tension est palpable et les points de convergence sont peu nombreux.

Macron, Trump, May, Gentiloni ont tous un point commun: cette rencontre du G7 sonne comme un baptême du feu. Mieux, ils ont tous été élus de manière inattendue: Donald Trump était annoncé perdant dans les sondages, Theresa May ne doit son élection qu'à la victoire surprise du Brexit, Paolo Gentiloni a été nommé suite au "non" inattendu de la réforme du sénat, et enfin Macron sort lui de nulle part et a créé un nouveau mouvement qui a achevé les deux plus grands partis de son pays.

Tensions

Bref, Justin Trudeau fait office de vétéran alors qu'il ne participe qu'à son deuxième G7. Face aux caméras, tout le monde affiche un grand sourire. Mais en coulisses, les tensions sont palpables. D'abord entre Theresa May et Donald Trump: la première ministre britannique est furieuse contre les fuites parues dans la presse américaine sur l'identité de l'auteur des attentats de Manchester. Elle l'a fait savoir à Donald Trump et veut absolument que ce dossier reste confidentiel. Mais au delà des fuites, cette affaire montre bien que les Etats-Unis ont des yeux partout, même dans les pays alliés.

Ensuite, il y a le binôme Trump-Macron qui semble se défier l'un l'autre si on en croit les deux poignées de main déjà entrées dans la légende. C'est tendu aussi entre Macron et May, le premier ne voulant rien concéder aux britanniques sur le dossier du Brexit.

Le climat en stand-by

Mais concrètement que s'est-il passé lors de la journée d'hier? D'abord une non-avancée sur le climat. Le président du conseil italien Paolo Gentloni, qui accueille les membres du G7 à Taormina en Sicile, a admis que "l'administration américaine était en réflexion interne sur la question. Une réflexion dont les autres pays ont pris acte. Eux qui ont réaffirmé leur engament total" aux accords de Paris.

Deux points de blocage subsistent pour le président Trump: la fin des subventions pour les énergies fossiles et la taxation des émissions de CO2. Hier soir, la position de Trump avait apparemment un peu changé. Gary Cohn, un de ses conseillers économiques a fait savoir que les positions de Trump "évoluaient" et qu'il "était là pour apprendre", avant de préciser dans la foulée que "sa décision finale sera fondée sur ce qu’il y a de mieux pour les Etats-Unis". Mais le G7 veut un accord sur le climat à la fin du sommet. Comme message pour la population civile mais aussi pour les marchés.

En fait, le seul point d'accord qui a été trouvé hier, c'est sur le dossier du terrorisme. Les membres du G7 sont plus déterminés que jamais. Notamment en appelant les géants de l'internet à se mobiliser davantage dans la lutte "contre les contenus terroristes". Les sept plus grandes puissances occidentales veulent aussi une meilleure coopération en termes de partage du renseignement.

Enjeux considérables

Aujourd'hui, le G7 se penche sur la question africaine. Les dirigeants de la Tunisie, du Kenya, de l'Ethiopie, du Niger et du Nigéria sont tous invités pour le deuxième et dernier jour du sommet. On y parlera bien sûr des migrants: 2.900 d'entre-eux ont encore été récemment secourus en mer Méditerranée, mais aussi de la famine qui sévit dans tout l'Est de l'Afrique.

Pour le reste, le programme est encore chargé. Au menu: Le Brexit, le rapport à la Russie (qui a été exclue du G7 suite à l'annexion de la Crimée), la dette de la Grèce, la question nord-coréenne, et les différentes frictions régionales. Quand on vous disait que les enjeux étaient considérables.

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