Oublie la réunion "ferme": Trump a 45 minutes pour Charles Michel et ça parlera business, comme d'hab!

Durant sa campagne, Donald Trump a décrit Bruxelles comme un "trou à rats", mais la réunion d'aujourd'hui entre Trump et Charles Michel ne sera point austère. Le Président américain et le Premier ministre belge ont aujourd'hui un entretien de 45 minutes, ce qui est une durée normale. Par contre, Trump accordera moins de temps au roi Philippe, car il y a moins à discuter. 

C'est aujourd'hui que Donald Trump va atterrir à Melsbroek. Le Premier ministre Charles Michel sera sur place pour accueillir le Président et c'est normal.

Cela est aussi un signe que le gouvernement belge veut montrer une image positive en tant que "pays d'accueil" pour le grand sommet de l'OTAN.

Et c'est compréhensible: le nouveau quartier général de l'OTAN ainsi que les institutions européennes sont en Belgique. C'est donc important que le gouvernement belge fasse preuve de diplomatie et qu'il serve à renforcer la coopération internationale. Et inversement, le gouvernement ne peut pas se permettre aujourd'hui de paraître trop austère vis-à-vis des États-Unis.

L'espoir que Charles Michel et le roi Philippe fassent la leçon à Donald Trump à propos des grands enjeux politiques internationaux restera donc une fiction. Car oui, ce genre de position ne colle pas du tout avec le rôle que la Belgique joue depuis des décennies, c'est-à-dire une attitude discrète et peureuse.

Verhofstadt a confronté les États-Unis, mais ça n'a pas duré

Charles Michel a déjà annoncé qu'il allait discuter avec Donald Trump à propos des Accords sur le climat ainsi que sur les valeurs européennes, mais qu'il ne fallait pas être "naïf" non plus. Il n'y aura pas de "réunion ferme" pour le leader du gouvernement de la Belgique.

Durant ces 20 dernières années, il n'y a eu qu'un moment où la Belgique a décidé d'adopter une position de confrontation vis-à-vis des States. C'était la période du premier ministre Guy Verhofstadt (Open Vld). La Belgique a non seulement refusé de prendre part au conflit en Irak, mais aussi d'envoyer des munitions aux pays qui étaient en guerre contre Saddam Hussein.

Aujourd'hui, cette tension n'existe plus. Quand Verhofstadt est venu rendre visite à George W. Bush à Washington DC en 2006, le ton était bien plus amical. Ils sont restés ensemble 50 minutes et ensuite les deux leaders ont affirmé qu'il n'y avait aucune tension entre la Belgique et les États-Unis.

La durée de l'entretien aujourd'hui avec Trump prouve que ce sera une réunion d'affaire courante: le président américain va accorder 45 minutes à Charles Michel. Et il ne faut pas oublier qu'il y a de grands intérêts économiques en jeu: les Américains sont les plus grands investisseurs étrangers de l'économie belge.

Le roi Philippe quant à lui aura dix minutes avec Donald Trump, soit une poignée de mains et une conversation superficielle. Philippe a libéré beaucoup de place dans son agenda pour cette occasion, mais il faut voir maintenant si Trump va accorder une quelconque importance à cette brève rencontre.

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