Autoriser les 130 km/h sur les autoroutes belges? Plusieurs politiciens trouvent ça carrément inconscient

Rouler à du 130km/h sur certains tronçons d'autoroutes? Selon une enquête des assurances Touring, 80% des Belges y seraient favorables. Tout comme le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR). Par contre, de nombreux politiciens sont contre, pour des raisons de sécurité.

80% des Belges aimeraient bien pouvoir rouler sur les autoroutes "comme en France", nous apprenait une enquête de Touring en 2015. Soit à une vitesse limitée à du 110 km/h par temps pluvieux et 130 km/h lorsqu'il fait beau. Mais, à l'époque, Touring précisait aussi que sur notre réseau routier, ce changement comportait de nombreux risques.

Ce jeudi, le débat est revenu sur la table après la publication d'une étude de l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) sur la pertinence des limitations de vitesse. Pour l'ISBR, si les Belges réduisaient leurs vitesses à certains endroits, il y aurait moins d'embouteillages en Belgique.

Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) a rebondi sur l'étude en plaidant pour un système de transport intelligent (ITS). Ce système de vitesse variable prend en compte les conditions de la route (météo, trafic...) et limite les vitesses en fonction de ces conditions. En disant cela, il a avancé que sur certains tronçons d'autoroute, la vitesse maximale autorisée pourrait être relevée à 130 km/h.

Le monde politique s'indigne

Et c'est sur ce dernier point que le monde politique belge a réagi. Le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) a jugé l'idée du ministre fédéral carrément dangereuse. "Nous avons déjà en Flandre 400 morts sur les routes par an. Avoir encore plus de morts pour gagner quelques minutes est pour moi inacceptable."

Même chose pour le ministre wallon de la Sécurité routière Maxime Prévot (cdH): "C'est une très mauvaise idée car cela pourrait accroître considérablement la gravité des accidents, ce qui est d'ailleurs confirmé par tous les spécialistes de la sécurité routière, dont l'Agence wallonne de la sécurité routière (AWSR)."

Bianca Debaets, la Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la Sécurité routière, s'est également indiquée contre l'augmentation de la limite de vitesse. Par contre, elle ne semblait pas opposée à l'idée de travailler avec des ITS: "Moi, je suis plutôt en faveur d'une limitation réduite à certains endroits délicats comme c'est d'ailleurs le cas pour le virage de Forest, sur le Ring de Bruxelles. On pourrait aussi envisager des vitesses réduites de façon variable en fonction de l'heure ou de la densité du trafic comme le font avec succès les Pays-Bas."

Patrick Dupriez, co-président d'Ecolo, trouve que "M. Bellot roule droit, et à pleine vitesse, dans le mur!" Il ajoute dans un communiqué de presse que ce choix est "inconscient" et que cela nuirait aux accords de Paris sur le climat. Il conclue même avec un petit tacle au gouvernement fédéral: "Le gouvernement fédéral a pris l’habitude de parler de climat, d’environnement et de santé puis d’agir, en toute incohérence, à revers de ses déclarations. Le style de Madame Marghem déteindrait-il sur Monsieur Bellot?"

Et en Europe?

Ceux qui peuvent monter jusqu'à du 130 km/h

  • France (110 km/h en temps de pluie)
  • Allemagne (vitesse recommandée)
  • Italie
  • Autriche
  • Luxembourg
  • Pays-Bas
  • Danemark

Ceux qui limitent à du 120

  • Espagne
  • Belgique
  • Suisse
  • Portugal
  • Irlande
  • Grèce

Ceux qui sont encore en dessous

  • Angleterre: 70 miles/heures (113 km/h)
  • Suède: 110 km/h
  • Finlande: 100 à 120 km/h
  • Norvège: 90 km/h

Déjà lu?