Pour le moment, Raoul Hedebouw (PTB) ne s'installe pas à Anvers (mais ça pourrait bien arriver)

Les élections législatives de 2018 risquent d'être une sacré bataille. Du coup, chacun commence déjà à placer ses pions. Notamment, le PTB qui espère faire une trouée en Flandre durant les élections flamandes et fédérales. Et qui de mieux pour mener le parti que Raoul Hedebouw, qui est beaucoup plus vendeur que Peter Mertens? Telles sont les rumeurs, que le parti refuse d'assumer.

En réalité, il s'agit d'une stratégie en deux temps. D'abord, les élections d'octobre 2018 et ensuite, les élections fédérales, flamandes et européennes de 2019. Ce sera une longue période de campagne qui commencera au printemps 2018 et ne s'arrêtera pas pendant une année entière.

De nombreux partis appréhendent cette période avec nervosité. En particulier, les communistes du PTB-PVDA qui ont fait une percée spectaculaire en Belgique francophone: ils sont en troisième place selon les sondages, juste derrière le PS et le MR. Et ceux qui souffrent de cette montée du PTB, ce sont les socialistes francophones qui craignent de voir le parti leur rafler l'électorat de gauche.

Seulement, ce phénomène est très "communautaire", dans le sens où cette percée dans les sondages n'a jusqu'à présent eu lieu que dans la partie francophone. En Flandre, dans la plupart des sondages, le parti n'atteint même pas le seuil d'éligibilité.

Un homme de talent

Le parti s'en sort provisoirement grâce à un homme: Raoul Hedebouw. Il est membre du Parlement, comme l'impopulaire et peu talentueux verbalement Marco Van Hees. Au Parlement fédéral, Hedebouw jongle toujours avec le français et le néerlandais. Entre temps, "De Slimste Mens" (un programme télévisé flamand) a fait de lui un phénomène en Flandre. Parce que contrairement aux dirigeants du Vlaams Belang qui sont trop extrémistes pour être présentés à un programme de divertissement, Hedebouw est autorisé à se donner en spectacle à la télé. Hedebouw pourrait se présenter sur une liste francophone mais en réalité, il est plus populaire en Flandre. Lorsqu'il s'est fait agresser par un fou le 1er mai, l'info a fait plus de bruit en Flandre qu'en Wallonie.

Et le PTB tire grand profit de cet homme. Depuis quelques semaines, la rumeur court que Hedebouw pourrait se présenter à Anvers. Parce qu'en 2018, la bataille des élections sera rude. Bart De Wever (N-VA) va défendre sa circonscription mais le PTB va essayer d'y faire une trouée. Et comme pour chaque phénomène politique en Flandre, c'est au conseil municipal d'Anvers que cela commence.

Les chances que le PTB monte un "gros cartel de gauche" à Anvers, avec Groen (Ecolo) et sp.a (PS) sont minimes.Cela ne fait pas partie de la stratégie des communistes de s'associer: ils doivent se présenter comme l'alternative de gauche aux socialistes.

Aujourd'hui, c'est Peter Mertens qui est à la tête du PTB/PVDA en Flandre. Depuis des années, il n'a jamais vraiment évolué sur le plan électoral. Mais l'apport d'une figure comme Hedebouw pourrait cette fois-ci avoir un réel impact. Pourtant, Hedebouw a déclaré sur BelRTL: "il n'est pas question que j'emménage à Anvers". Vraiment? Que ce scénario ne puisse jamais avoir lieu, cela reste à prouver. Parce qu'un scénario symétriquement opposé, où il ferait une percée phénoménale en Belgique francophone mais un chiffre totalement ridicule en Flandre, serait mortel pour le PTB. Du coup, qui sait? Peut-être qu'en 2018, Hedebouw fera ses valises pour Anvers.

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