À nouveau le chaos dans Bruxelles? L'ARAU demande la fermeture immédiate et définitive du tunnel Leopold II

60.000 voitures empruntent chaque jour le tunnel Leopold II, mais pour combien de temps encore? Pour des raisons de sécurité, l'Atelier de recherche et d'action urbaines (ARAU) réclame la fermeture immédiate et définitive de cette voie centrale de Bruxelles. Le risque pour les usagers est trop grand.

En janvier 2016, le tunnel Leopold II a été fermé pendant quelques jours parce que des débris étaient tombés sur la route. Le débat sur la vétusté de cet axe majeur de Bruxelles avait été rouvert, mais aucune solution n'avait été trouvée. 60.000 voitures empruntent ce tunnel chaque jour et les dévier, c'est un sacré casse-tête.

Néanmoins, pour des raisons de sécurité, l'Atelier de recherche et d'action urbaines (ARAU) demande que ce tunnel soit fermé en urgence. Le risque est trop grand pour les usagers. Et comme les travaux seraient trop importants et que les quatre communes concernées ne semblent pas encore prêtes à gérer ce changement, l'association citoyenne spécialisée en urbanisme réclame la fermeture définitive du tunnel.

"Du fait de sa longueur, de l’intensité du trafic qui l’emprunte, de sa congestion régulière et de ses faibles performances en matière de sécurité, la possibilité d’un incident grave dans le tunnel est élevée", écrit l'ARAU dans un communiqué de presse.

Léopold II: un tunnel au milieu de Bruxelles

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© Google Maps

Les dangers actuels du tunnel

  • La chaussée est fortement dégradée.
  • Le tunnel présente plusieurs points de dangerosité intrinsèque. À cause de sa configuration, le Léopold II favorise les accidents.
  • L'ouvrage n'est pas adapté aux risques d'incendies. En cas de feu, le système ne pourrait pas évacuer toutes les fumées. La ventilation de désenfumage doit être améliorée et la canalisation d'alimentation en eau n'est pas protégée contre le feu et contre le gel.
  • Les issues de secours sont mal protégées du feu, trop espacées et inaccessibles aux personnes à mobilité réduite. En cas d'accident, il serait très compliqué pour les personnes bloquées de sortir indemnes de l'endroit.
  • De nombreux équipements d’exploitation et de sécurité sont en fin de vie.
  • Les équipements de ventilation sont vétustes. Ceux qui ont déjà ouvert leur fenêtre alors qu'ils étaient bloqués dans un embouteillage dans le tunnel pourront témoigner : la qualité de l'air est très mauvaise dans ce passage souterrain de 2,5 kilomètres.

Coût et durée des travaux

Durée des travaux: trois ans avec fermeture totale du tunnel. Cinq années si le tunnel n'est fermé que la nuit et ouvert en journée. Coût de l'aventure: estimé à 660 millions d'euros.

Le tunnel passe par quatre communes: Ganshoren, Koekelberg, Molenbeek et la Ville de Bruxelles, mais c'est la Région de Bruxelles-Capitale, en la personne morale de Bruxelles Mobilité, qui délivre le permis et décide si travaux il y aura. L'ARAU veut que ce tunnel soit fermé à tout jamais mais pour l'instant, cela ne semble pas faire partie des plans de la Région: ce tunnel joue un rôle trop important pour la circulation de la capitale.

L'association de citoyen demande à ce que Bruxelles Mobilité ferme le tunnel durant les mois de juillet et d'août afin de faire un test et voir si les automobilistes de la capitale ne sauraient pas, au final, s'adapter à cette nouvelle obligation. Prendre par le ring et sortir à d'autres endroits.

Supprimer le tunnel pour moins de chaos

Fermer le Leopold II obligerait ces 60.000 voitures quotidiennes à trouver des chemins alternatifs, ce qui bloquerait d'autres parties de la ville. À cela, il faut ajouter les routes barrées pour y placer le matériel et les véhicules de chantier ainsi que la suppression de certains passages piétons et cyclistes. Sans oublier la qualité de l'air qui serait sérieusement entamée avec tous ces embouteillages. En gros, cette rénovation foutrait un sacré bordel dans la ville.

L'ARAU a une solution radicale: supprimer définitivement le tunnel Leopold II. "L'ARAU a demandé la fermeture pure et simple de cette infrastructure anachronique et nuisible, tout comme il avait plaidé la démolition du viaduc Reyers dès les années 80", écrit l'association citoyenne dans son dossier.

"La réduction des infrastructures permet de réduire le débit de véhicules motorisés et les nuisances inhérentes. Songeons aux kilomètres de voies de tram, de bus, de pistes cyclables que la Région pourra réaliser avec les montants économisés!" Bref, pour l'ARAU, la solution est simple: dire adieu aux caisses pour continuer en vélo et en transports. Mais ce n'est pas sûr que les 60.000 automobilistes seront du même avis.

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