On n'est pas sorti de l'auberge: Theresa May promet d'être "sacrément difficile" avec l'Europe

Ça vole bas dans les négociations sur le Brexit. La Première ministre Theresa May promet d'être "sacrément difficile" avec l'Europe. De son côté, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit qu'elle était "délirante" dans ses exigences. En attendant, la facture de sortie du Royaume-Uni hors de l'UE a été relevée à... 100 milliards d'euros.

Au cas où tu te demandais où en étaient les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, eh bien elles ne vont visiblement pas bon train. L'entente est même glaciale entre Theresa May et Jean-Claude Juncker.

La Première ministre britannique et le président de la Commission européenne ont dîné tous les deux la semaine passée. Une première depuis le déclenchement définitif du Brexit, le 29 mars dernier. Mais leur petit tête-à-tête était un fiasco total, selon les ragots qui ont fuité dans les médias.

Après avoir passé plusieurs heures en compagnie de Theresa, Jean-Claude Juncker "a quitté le 10 Downing Street 10 fois plus sceptique qu’avant", rapportait déjà dimanche le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Theresa May "dans une autre galaxie"

À la fin du dîner, Juncker se serait même emporté sur Theresa, en lui disant qu'elle vit "dans une autre galaxie" et qu'elle est "délirante" dans ses exigences, toujours selon le journal allemand. Parce qu'elle estime pouvoir tirer les négociations sur le Brexit à l'avantage du Royaume-Uni, faisant de sa sortie de l'Union européenne "un succès". Face à certains chantages britanniques, Juncker aurait encore rappelé à Theresa que l’UE n'est pas un "club de golf".

La Première ministre a d'abord nié ces propos, les qualifiant de "commérages bruxellois". Et puis, elle s'est défendue hier dans une interview à la BBC. Elle a reconnu que les négociations seront compliquées, tout en avertissant qu'elle sera "sacrément difficile" ("bloody difficult") et que Juncker sera "la première personne" à s'en rendre compte. Lève tes pieds, ça vole très bas.

Facture de sortie: 100 milliards d'euros

Sauf que le Royaume-Uni ne s'en tirera pas si facilement et devra d'abord passer à la caisse. Les dirigeants européens ont d'ailleurs revu à la hausse la "facture de divorce".

Selon une nouvelle analyse qui prend en compte les dernières demandes de la France et de l'Allemagne, entre autres, l'ardoise n'est plus estimée à 60 milliards d’euros, mais à 100 milliards d'euros. Cette augmentation correspond notamment au paiement des subventions agricoles et aux frais d'administration de l'UE, lesquels pourraient se prolonger après la sortie officielle, jusqu'en 2020.

Et donc, face aux demandes du Royaume-Uni, les pays de l'Union européenne peuvent, eux aussi, se montrer "bloody difficult".

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