La guerre contre les déchets peut s'ouvrir: cette petite larve est capable de dévorer les sacs en plastique

C'est un nouvel espoir pour l'environnement. Des chercheurs espagnols et britanniques ont découvert qu'une larve, actuellement utilisée pour la pêche, est capable de dévorer le polyéthylène présent dans le plastique. Pas seulement de le réduire en miettes, mais bien de le dissoudre, et à une vitesse révolutionnaire.

Chaque année, environ mille milliards de sacs en plastique sont utilisés dans le monde entier. Autrement dit, plus ou moins 230 sacs par personne par an. Où vont ces déchets? Un peu partout, dans la nature. Les scientifiques estiment d'ailleurs que plus de huit millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés chaque année dans les océans. Et comme le plastique met entre 100 et 400 ans pour se dégrader complètement, notre planète devient une véritable poubelle.

Mais voici une nouvelle trouvaille qui sonne presque révolutionnaire. Des chercheurs du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) à Madrid en Espagne et de l'Université de Cambridge au Royaume-Uni ont découvert un nouveau menu intéressant au régime alimentaire d'une larve: le polyéthylène. Autrement dit, la matière première du plastique. C'est un peu ragoûtant, mais cela pourrait sauver notre planète.

92 milligrammes de plastique en moins de 12 heures

Le nom du papillon est la fausse teigne de la cire, ou Galleria mellonella de son appellation scientifique. Elle sert actuellement aux pêcheurs, qui l'utilisent comme appât pour attraper les poissons. Les apiculteurs savent depuis un bon bout de temps que sa larve est friande de cire d'abeilles, puisqu'elle dévore les rayons à l'intérieur des ruches et pose donc problème à la fabrication du miel.

C'est ainsi que la chercheuse et apicultrice Federica Bertocchini, du CSIC, a fait cette incroyable découverte. Elle a commencé par isoler quelques vers de l'une de ses ruches dans un sac en plastique. Quelques heures plus tard, elle a retrouvé le sac ciblé de trous.

Avec l'Université de Cambridge, son équipe de scientifiques ont alors entrepris ensemble des tests en laboratoire. Le résultat? Au total, 100 vers sont capables de dévorer 92 milligrammes de polyéthylène en moins de 12 heures. Le seul hic, les chercheurs ne savent pas encore si la larve mord le plastique pour tenter de s'échapper ou pour se nourrir. Dans le premier cas, elle risque d'être rapidement repue et ne pourrait pas servie à grand-chose. Mais dans le second cas, son appétit vorace pourrait être mis à contribution.

Dissolution complète

Quoi qu'il en soit, le traitement du plastique reste "extrêmement rapide", en comparaison à la découverte l'année dernière d’une bactérie capable de dégrader certains plastiques au rythme plus lent de 0,13 milligramme par jour, expliquent les chercheurs. De plus, le processus de dégradation actuel des déchets en plastique se fait avec des produits chimiques, comme de l’acide nitrique, et prend plusieurs mois.

Et ce n'est pas tout. Les larves ne mâchent pas seulement le plastique en le réduisant en petites miettes. Non, elles l'éliment carrément. Elles semblent ainsi décomposer le polyéthylène avec les mêmes enzymes qu'elles utilisent pour dissoudre la cire d'abeille. Il ne reste plus qu'à identifier l'enzyme responsable de la dégradation du plastique et voir ce que l'on peut faire avec. Soit, élever à large échelle des vers de fausse teigne de la cire, soit isoler l'enzyme et la réintroduire dans des bactéries ou dans des organismes marins comme le phytoplancton.

Dans l'espoir d'enfin nettoyer les océans de la planète... et de manière totalement naturelle!

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