Jeu d'influence à trois bandes: l'attaque chimique en Syrie est une "fabrication à 100%", selon Bachar al-Assad

Depuis l'attaque présumée à l'arme chimique sur une ville rebelle, la donne a complètement changé en Syrie. Donald Trump a montré les muscles en frappant une base aérienne du régime d'Assad, tout en ayant obtenu le soutien implicite de la Chine, selon le président américain. Pour Bachar, l'attaque chimique n'a été qu'un "prétexte" pour justifier les frappes américaines. 

La guerre qui a fait plus de 400.000 morts en Syrie connait un véritable tournant ces derniers jours. Alors que durant sa campagne, Donald Trump avait laissé entendre que les États-Unis ne s'impliqueraient pas trop en matière de politique étrangère, les faits sont en train de prouver le contraire.

Après les frappes aériennes sur une base militaire syrienne, le président a envoyé quelques vaisseaux de guerre près de la Corée du Nord. Tout ceci a contribué à renforcer la tension entre le Kremlin et la Maison Blanche, malgré le fait que Trump veuille relativiser les choses et espère toujours une collaboration de la part de la Russie dans ces dossiers.

Dans ce "jeu" à multiples acteurs, Bachar est venu ajouter son grain de sel. Il affirme aujourd'hui à l'AFP que l'attaque chimique est "une fabrication à 100% (...) "Notre impression est que l'Occident, principalement les États-Unis, est complice des terroristes et qu'il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l'attaque".

Il fait référence ici aux frappes aériennes américaines du 7 avril dernier et se place donc sur la même ligne que la Russie, qui a été chargée de démanteler le stock d'armes chimiques du régime syrien. Assad assure d'ailleurs que les armes de l'attaque d’Idlib ont été utilisées par les rebelles eux-mêmes. Poutine juge "inacceptable" d'accuser sans preuve, mais les États-Unis affirment avoir reçu des "communications accablantes" sur l'attaque qui a fait 87 morts, dont de nombreux enfants.

"Puissance de feu pas affectée"

Bachar va même plus loin et se montre provocateur: "Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n'a pas été affectée par cette frappe", a-t-il déclaré toujours pour l'AFP. "Nous ne possédons pas d'armes chimiques (...) Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (...) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées".

Et maintenant? Le président syrien veut une enquête internationale "impartiale", "pour être sûr qu'elle ne sera pas utilisée à des fins politiques".

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