Vladimir Poutine montre à nouveau son vrai visage: des milliers de Russes ont été arrêtés lors d'une manifestation pacifique

La Russie de Vladimir Poutine montre une fois de plus qu'elle est un pays libre et démocratique. Lors d'une manifestation pacifique contre la corruption qui s'est déroulée hier dans les rues de tout le pays, des milliers de personnes ont été arrêtées et des centaines ont été placées en détention.

Dans près de 100 villes en Russie, des manifestants sont descendus dans les rues hier en hurlant "À bas Poutine", "Poutine est un voleur"... L'action a été lancée par le chef de l'opposition, Alexeï Navalny, pour protester contre la corruption au sein du gouvernement russe. Mais personne ne s'attendait à un tel succès.

C'était la plus grande manifestation en Russie depuis les fortes réactions aux élections législatives en décembre 2011. Suite à ces mouvements de masse, la loi russe anti-manifestation s'est d'ailleurs fortement durcie.

9.000 kilomètres

La manifestation ne s'est pas limitée aux grandes villes principales. Elle s'est propagée dans plus de 99 villes et a réuni en tout des dizaines de milliers de personnes. Dans certaines, il y avait plusieurs centaines de participants, voire beaucoup plus. À Saint-Petersbourg, par exemple, il y en avait plusieurs milliers. Les gens sont même descendus dans les rues de Vladivostok, une ville du sud-est qui se situe à plus de 9.000 kilomètres de Moscou.

Dans 72 des 99 villes, les autorités avaient interdit ces rassemblements, parce que ceux-ci n'avaient pas reçu de permis pour. Les participants risquaient donc de se faire arrêter. Et c'est précisément ce qui est arrivé dans de nombreuses villes. Rien qu'à Moscou, il y a eu environ 500 arrestations. Certaines personnes ont reçu des amendes, d'autres ont été placées en détention.

Navalny lui-même et les employés de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), ont été arrêtés en sortant d'une station de métro à Moscou pour se rendre à la manifestation.

Palais, yachts, terres agricoles et vignobles

L'appel lancé par Alexeï Navalny fait suite à un film diffusé par son FBK sur YouTube et visionné plus de 11 millions de fois. Il s'agit d'une sorte d'enquête qui accuse le Premier ministre Dmitri Medvedev de corruption, en étant à la tête d'un empire immobilier financé par les oligarques. Cela lui aurait permis d'acheter des palais, yachts, terres agricoles et vignobles.

Du coup, le Kremlin a qualifié ces manifestations de "provocations illégales" de la part de Navalny. Il les avait d'ailleurs averti lui et son entourage de ne pas y participer.

Navalny est aujourd'hui âgé de 40 ans et s'est imposé comme l'opposant numéro un à Medvedev et Poutine, qui est au pouvoir depuis 1999. Au fil des années, son régime est devenu de plus en plus autocratique. Les droits de l'homme sont bafoués, la liberté de la presse est sévèrement restreinte et les opposants au pouvoir sont jetés en prison.

Un "affront" à la démocratie, pour les États-Unis

Navalny s'est présenté aux élections municipales de Moscou en octobre 2013 et a obtenu le score inattendu de 27,2 %. Il veut également participer à l'élection présidentielle de 2018, mais sa candidature risque d'être fortement entravée par sa récente condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.

Les États-Unis condamnent les centaines d'arrestations par la police russe. Pour eux, ce n'est ni plus ni moins qu'"un affront aux valeurs démocratiques fondamentales". Le porte-parole du département d'État, Mark Toner, a exigé dans un communiqué que "le gouvernement russe remette immédiatement en liberté les manifestants pacifiques". Et il avertit: "Les États-Unis vont suivre la situation de près".

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