Le PTB va enfin pouvoir "poser des questions que les autres ne vont pas poser" sur les Panama Papers

La quatrième est la bonne. Quatre fois refoulé des commissions d'enquête sous cette législature, le PTB va finalement pouvoir participer aux débats. Après Publifin à l'échelon régional, il faudra compter sur le PTB dans la commission des Panama Papers. David Pestieau, son vice-président, nous explique ce qui a fait craquer "les partis traditionnels".

Il aura fallu une forte pression médiatique pour que la majorité lâche du lest par rapport à l'intégration du PTB dans la commission d'enquête des Panama Papers. C'est en tout cas ce que pense son vice-président, David Pestieau.

"On nous opposait des arguments techniques mais il s'agissait purement d'une exclusion politique", argumente celui qui est aussi le directeur du service d'étude du Parti du Travail. En effet, seuls les groupes parlementaires reconnus (ayant au moins cinq députés), pouvaient assister aux commissions d'enquête. Hors, le PTB n'en a que deux au niveau fédéral: Raoul Hedebouw et Marco Van Hees. L'argument n'a donc pas tenu sur le long terme.

Jusqu'alors, le PTB n'était que spectateur. "On nous refusait le droit d'assister, de poser des questions, d'interpeller, d'avoir accès au dossier". "Un comble" alors que Marco Van Hees, député fédéral, est un "des instigateurs de cette commission, et spécialiste de la question de la fraude fiscale", rappelle toujours David Pestieau.

"La pression devenait trop forte"

À l'instar de la commission Publifin, le PTB va donc pouvoir intégrer la commission d'enquête des Panama Papers. "C'est une brèche qui s'ouvre", se réjouit David Pestieau. "La pression devenait trop forte pour les partis traditionnels". À cause du poids électoral du PTB? "Non, il est juste normal que toutes les sensibilités d'une assemblée doivent pouvoir s'exprimer, spécialement dans des dossiers où les partis traditionnels pratiquent l'entre-soi."

David Pestieau poursuit: "Cultiver les arrangements entre-eux, le compromis au fil des ans, c'est terminé. Le PTB va pouvoir poser des questions que les autres ne posent pas."

La levée du secret bancaire

En ressortira-t-il du concret? "C'est une toute autre question. On espère que des décisions fondamentales seront prises comme la levée du secret bancaire. Mais ça dépendra aussi de l'opinion publique. On sait que la Belgique est un paradis fiscal."

Pour rappel, les Panama Papers rassemblent quelque 11,5 millions de documents confidentiels provenant du cabinet panaméen Mossack Fonseca. Ils détaillent des informations sur plus de 214.000 sociétés offshore et leurs montages financiers pour éluder l'impôt. Dans ces documents figurent 117 intermédiaires belges avec des implications variables.

Déjà lu?