"Le monde de Walking Dead grandit en même temps que la série": découvre notre entretien exclusif avec les acteurs de la série

La saison 7 de The Walking Dead bat son plein. Rick et sa bande se préparent à la guerre pour se débarrasser de Negan. Mais avant de passer à l'action, une partie de casting a rencontré newsmonkey pour parler de la série mais aussi de leurs personnages. On a donc posé quelques question à Norman Reedus (Daryl), Jeffrey Dean Morgan (Negan) et Greg Nicotero, le producteur, réalisateur et superviseur du maquillage. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils sont impliqués à fond dans leur rôle et leur projet. Tremble, aujourd'hui on va parler zombie. 

Jeffrey, avez-vous ressenti une pression quand vous avez su que vous alliez jouer Negan?

Jeffrey: Non, en fait je n'ai pas eu le temps d'y penser. Dès que j'ai reçu le rôle, je me suis envolé pour la Géorgie pour tourner ma première scène: la scène de fin de la saison 6. Du coup, je n'ai pas eu le temps de réaliser. Et puis, je pense que je ne me rends pas bien compte de ce que ça représente vu que je ne suis pas un fan de la série. Je n'ai peut-être pas bien compris ce que ça signifiait de jouer dans une série si populaire. Quand je l'ai réalisé je me suis juste dit "ne gâche pas le show".

Norman: Don’t f*cking screw it up, man! ("Ne bousille pas tout, mec", ndlr)

Jeffrey: Avec du recul je me rends compte que la pression était importante. Mais je pense que j'ai bien fait ça.

Greg: Bien sûr que t'as bien fait ça!

Jeffrey: J'adore mon rôle et j'adore vraiment Negan. J'aime ses différentes facettes, car oui, vous ne l'avez pas encore vu à l'écran mais il y a plusieurs aspects intéressants chez Negan, il est vraiment fascinant. Chaque jour de tournage, j'essaie de découvrir un nouvel aspect du personnage. Et en travaillant avec Norman et Greg c'est vraiment un plaisir.

Après, il y a parfois des jours difficiles. Je déteste tuer des gens (rires). C'est jamais sympa de tuer les personnes que l'on apprécie. Je n'avais pas envie qu'ils quittent le plateau surtout que c'était un peu de ma faute! Mais bon, c'est comme ça, désolé (rires). Mais j'adore mon personnage, vraiment. Negan est vraiment fascinant. J'ai de la chance d'avoir obtenu le rôle, il est très complexe.

Vous dites que Negan a plusieurs facettes. Il peut donc être gentil et doux?

Jeffrey: Oui, je pense. Il n'est pas seulement un fou qui cherche à se venger. Il n'est pas apparu devant le groupe de Rick pour juste les buter. Il a un plan. Il veut qu'ils travaillent pour lui. Il a une méthode dans sa folie, il y a une raison derrière ses actes. Il a un côté plus doux, vous avez pu le voir avec ses interactions avec Carl. Cette relation est très intéressante. Nous en montrons peu mais j'espère que l'on pourra développer d'avantage le personnage.

À propos de la scène d'ouverture de la saison 7, vous avez reçu pas mal de critiques. Norman, comment avez-vous perçu cette scène?

Norman: Sur mes genoux! (Rires) Oui, nous savions que ça allait arriver. Apparemment certaines personnes du casting savaient ce qui allait se passer et d'autres non.

Mais c'était un moment difficile, évidemment. Steven (Yeun, Glenn dans la série) est l'un de mes meilleurs amis, comme Michael (Cudlitz, qui interprète Abraham). Nous savions que ça allait arriver et c'était difficile à imaginer. Ça nous a beaucoup touché car c'est très personnel: nous avons tellement travaillé ensemble...Et la frontière entre Norman et Daryl est souvent très mince et très vague. Du coup, on a été très touché quand Glen et Abraham nous ont quittés. L'oeil de Glenn était hors de son orbite et il était là à rire avec moi: j'ai tellement de bons souvenirs avec eux, quand ils sont partis on était tous en train de chialer. C'était difficile mais c'est derrière nous maintenant.

Comme je l'ai dit, cette première scène a créé pas mal de controverses. D'une part à cause de la violence qui est montrée sans aucun filtre mais aussi car le public a vraiment ressenti un sentiment de désespoir pour le groupe: il ne voyait plus d'issue pour Rick et sa bande. Quel est votre avis à propos de ça?

Greg: Que les gens ne voient plus d'espoir, je peux comprendre. Ce sont leurs héros et ils s'identifient à eux et ressentent le même désespoir que les personnages. Ils ont senti que Negan prenait le pouvoir. Tout cela était prévu. Il n'y a rien de plus satisfaisant que de voir ses héros surmonter ce genre d'obstacle et c'est ce que nous avons fait durant la première partie de cette saison. Nous leur avons imposé d'énormes obstacles et maintenant ils doivent trouver la force de riposter!

Ce voyage qui avance en même temps que les personnages est essentiel pour ce genre de divertissement. Il faut que vous soyez aspirés dans ce voyage, c'est primordial.

© AMC

Norman, votre personnage ne rit jamais dans la série mais il est l'un des préférés des fan. Pourquoi, selon vous?

Norman: Daryl a déjà ri dans la série? Je ne m'en souviens pas, c'était quand encore? (Rires)

Jeffrey: Je pense qu'en fait, ils aiment Norman. Et à force de voir Norman ils finissent par aimer Daryl! (Rires)

Norman: Daryl était si antipathique au début de la série. Il avait vraiment l'air suspect. Mais il a su se rendre utile dans le groupe et il est resté. Grâce au groupe, il a trouvé une estime de soi. Il était sur le mauvaise pente et allait devenir comme son frère Merle. Mais finalement il a trouvé un but à sa vie: le groupe et sa protection.

Greg: Les gens voient Daryl comme un outsider. Ceux qui ne sentent pas acceptés se reconnaissent dans Daryl. Lorsque votre personnage préféré réussit à s'intégrer, cela leur permet de se rendre compte qu'ils peuvent le faire aussi.

Norman: Je ressens surtout ça chez les ados. Ils me disent qu'ils sentent comme des étrangers, ils se sentent incompris. Je reçois beaucoup d'amour de leur part!

Et tu te sens bien grâce à ça?

Norman: Je vais vous raconter une histoire. C'était pendant le tournage de la saison 3, je rentrais chez moi après une journée de tournage. Et sur le chemin je reçois un appel d'un ami. Il est en larmes et il m'explique que son neveu s'est noyé dans sa piscine et que sa vie est en danger. Malheureusement, il n'avait pas les moyens de payer les frais d'hôpitaux. Du coup, ils ont lancé un crowfunding. J'ai immédiatement partagé le lien du crowdfunding sur Twitter. Et avant d'être rentré chez moi, l'objectif était atteint. Tout l'argent a été récolté en moins d'une demi-heure. C'est vraiment quelque chose d'énorme et je pense que c'est quelque chose que Daryl pourrait faire un peu plus tard dans sa vie.

Est-ce que vous vous sentez plus en sécurité dans votre rôle sachant que votre personnage d'existe pas dans les comics sur lesquels la série est basée?

Norman: Non pas du tout. Certainement pas avec ce connard qui est assis à côté de moi (il se tourne vers Jeffrey). D'ailleurs je viens de lui échapper. Je pense que personne ne se sent en sécurité, comme si c'était la réalité.

Mais évidemment, je ne veux pas que Daryl meurt et qu'il disparaisse de la série. Mais je pense que même Rick pense que sa mort peut arriver à tout moment. On ne peut pas savoir.

The Walking Dead est parfois une série très sombre et violente. Il y a beaucoup de meurtres et de massacres qui sont montrés sans coupe. Comment faites-vous pour trouver un équilibre pour que ce ne soit pas trop abusé?

Greg: Nous réfléchissons beaucoup à ce sujet! On essaie à chaque fois de trouver de nouvelles façons de jouer avec les images. Vous pouvez en avoir la preuve dans l'épisode de dimanche dernier avec les séquences dans la fête foraine. Nous ne voulons pas que le public se lasse de voir toujours les mêmes exécutions de zombies. Nous essayons d'utiliser des manières différentes de filmer à chaque épisode, on varie les styles. Comme ça, le public ne se lasse pas et reste concerné par l'histoire.

Dans cette saison, vous avez introduit énormément de nouveaux éléments. Vous en êtes où niveau inspiration?

Greg: Ça, c'est la force de nos scénaristes. Ils réfléchissent sur la série d'une manière fantastique. Vous savez, nous étions très excités à la fin de la saison 6 parce que le monde s'ouvrait: nous savions que Le Royaume allait débarquer dans la série en plus de La Colline. Le monde de The Walking Dead grandit et se développe. Par conséquent, la série suit le même chemin.

Rick est désormais occupé à recruter des gens pour vaincre ce gars là (il se tourne vers Jeffrey). J'ai vraiment adoré la fin de l'épisode 9 où Rick et sa bande se font encercler. Auparavant, ils auraient sans doute sorti leurs armes et se seraient battus mais là Rick se met à rire: toute personne avec une arme est un soldat potentiel. Un soldat pour son armée. Et chaque personne supplémentaire le rapproche de son objectif.

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