Fillon le "combattant" est lâché de toutes parts mais s'obstine: "Je n’ai pas l’intention de me coucher"

Les jours se suivent et se ressemblent pour François Fillon. Hier, le candidat des Républicains à l'élection présidentielle a été perquisitionné à son domicile. Le soir venu, il ne s'est pas dégonflé et a donné un meeting à Nîmes devant 3.000 militants.  En coulisse pourtant, le bateau coule. Outre les défections politiques, le directeur-adjoint et le trésorier de sa campagne ont jeté l'éponge.

"Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, la machine à broyer, la machine à scoops, la machine à rumeurs s'est mise en marche. Mais je vous le redis: je n’ai pas l’intention de me coucher", François Fillon n'a pas changé sa ligne de défense hier dans la salle Parnasse à Nîmes.

"Vous avez devant vous un combattant. Que celles et ceux qui ont du cran se lèvent!", pas de panique ici, François est en territoire conquis. Ailleurs c'est beaucoup plus compliqué. Outre sa convocation judiciaire pour le 15 mars prochain, François Fillon a fait l'objet d'une perquisition à son domicile. Pour rappel, il est soupçonné d'avoir offert à sa femme et à ses deux enfants des emplois fictifs avec des rémunérations importantes.

Le candidat est aussi lâché de toutes parts. Avant-hier c'était Bruno Lemaire, ancien participant à la primaire, et l'UDI (les centristes), hier c'est son trésorier ainsi que le directeur-adjoint de sa campagne. Les "juppéistes" sont aussi en train de s'écarter et plusieurs maires de villes importantes font de même. Ces derniers rapportent qu'ils ne peuvent plus continuer à soutenir François tellement la pression est forte sur le terrain. Ils en ont marre de se faire interpeller par la population à ce sujet et ne savent plus comment le défendre.

Entre déni et espoir

Mais pourquoi Fillon s’obstine-t-il? Premièrement parce qu'il s'est enfermé dans le déni, il tient une ligne de défense (contre la justice et les médias) et ne veut plus la lâcher. Ensuite parce que les derniers sondages le portaient encore à hauteur de 20%, soit pas très loin d'un second tour présidentiel. Pour lui, "la base, elle, tient", il pourra même faire sans les élus puisque il s'appuie uniquement "sur les français". Et de fait, il a déjà les 500 signatures et rien ne peut l'empêcher de se présenter. Pas même sa mise en examen puisqu'il est protégé par son immunité parlementaire.

En coulisse, l'ombre de Juppé n'est pas loin. Pour beaucoup, il est le plan B logique puisque c'est lui qui figurait au second rang de la primaire de la droite. Mais Sarkozy aurait mis son veto en proposant François Barouin, la nouvelle génération en quelque sorte.

Toujours est-il que Fillon est en train de couler les espoirs de la droite dans son entièreté. Elle qui se voyait déjà au pouvoir ne fut-ce que par la logique d'alternance. La candidature de Fillon parait suicidaire. Mais son éventuel remplaçant devra bénéficier du soutien de ce dernier s'il veut avoir lui aussi un espoir de passer au second tour. En gros, c'est Fillon lui même qui doit annoncer son pas de côté et nommer son remplaçant. Sans quoi Les Républicains vont passer un nouveau quinquennat dans l'opposition.

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