Pourquoi est-ce que le fait que Donald Trump n'aille pas à ce foutu dîner de presse est un réel problème?

Depuis 1921, les présidents des États-Unis d'Amérique se rendent au White House Correspondent's Association dinner (à quelques exceptions près). Ce serait le 101è cette année, et cela faisait 36 ans que le président des États-Unis n'avait pas manqué cet évènement et le dernier avait une bonne raison. Ce coup-ci, Donald Trump, sans aucune raison particulière, a annoncé qu'il ne ramènerait pas sa fraise. Et c'est inquiétant, parce que c'est symbolique. 

Des fracas, des fracas, et encore des fracas: petit résumé de la présidence ou en tout cas de la communication de Trump. Ce week-end, il a encore fait fort. Il a annoncé qu'il n'irait pas au dîner de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche. Et c'est un petit peu grave en fait.

"Je n'assisterai pas au dîner de l'Association des correspondants cette année. Le meilleur pour tous et passez une bonne soirée" a tweeté Trump. On aurait presqu'envie d'ajouter: "allez, bisous hein". Le président des États-Unis nie un truc auquel vont les présidents depuis 100 ans.

Traditionnel et symbolique

Le gala de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche, c'est un peu comme un gros bal de promo, avec plein de paillettes, plein de stars et puis surtout plein de journalistes et... wait! Accessoirement le président des États-Unis aussi. Au cours de la soirée, les journalistes reçoivent des prix, il y a des discours, etc. Parfois aussi, la soirée se clôture par un petit sketch sur le président, et c'est parfois même le président lui-même qui fait une petite tirade d'autodérision. Enfin, bref! Ronald Reagan n'avait pas été en 1981, mais il avait une bonne excuse. Il venait de se faire tirer dessus en mode tentative d'assassinat et tout et tout. Et le dernier président à ne pas avoir été à ce fameux dîner était et Richard Nixon en 1972. Il avait dit qu'il n'irait pas, et il n'a pas été. À l'époque, le chief of staff de Nixon avait déclaré: "the press is your enemy". Ce qui fait pas mal échos à ce que Trump a déballé dans les médias la semaine passée. Car selon lui la presse est "the enemy of the American people". Bref, pas le meilleur des signaux donc...

Timing pas dingue

Son annonce arrive au même moment où ses relations avec les médias traditionnels sont plus pourries que jamais. Ses tweets à répétition contre les médias, on s'y est accommodé. Trump et la Maison Blanche accusent certains médias d'être un "parti d'opposition" et de dire des choses complètement fausses dans leurs pages. Hier, Trump a carrément banni le New York Times, le Guardian, CNN du briefing quotidien. Une chose qu'on peut vraiment qualifier de jamais vu et surtout, pas très démocratique.

Et c'est justement à ce moment-là que Trump décide d'annoncer qu'il n'irait pas au dîner des correspondants de la Maison Blanche. Pour le New York Times, il s'agit là d'"une insulte aux idéaux de la présidence". Le Los Angeles Times n'y va lui pas de main morte et écrit dans ses pages: «Trump a laissé entrevoir une vision autoritaire inquiétante de la présidence (...); punir des organisations qui publient des articles critiques sur le président tombe exactement dans cette catégorie».

L'Association des correspondants de la Maison Blanche a réagi en force à cette annonce et a déclaré dans un mail que le dîner aurait lieu avec ou sans Donald Trump. "Le dîner a été et continuera d'être la célébration du Premier Amendement et le rôle important joué par une presse indépendante dans une république saine", a déclaré Jeff Mason, le président de l'Association.

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