Le coup de massue final pour François Fillon? Le Parquet décide d'ouvrir une information judiciaire

Ça y est, le Parquet national financier a rendu son verdict: il décide d'ouvrir une information judiciaire à son encontre. Le but? Faire toute la lumière dans l'affaire dite du Pénélopegate. Ce n'est bien sûr pas une bonne nouvelle pour le candidat des Républicains à la présidentielle française, puisque l'issue pourrait être sa mise en examen. Et donc peut-être, l'abandon définitif de sa campagne électorale.

La saga Fillon continue, mais cette nouvelle pourrait bien lui coûter sa candidature en tant que Républicain aux élections présidentielles françaises. Après plusieurs semaines d'enquêtes et d'auditions préliminaires, le Parquet national financier vient de décider d'ouvrir une information judiciaire à l'encontre de François Fillon et de sa famille. Cela signifie que l'affaire est maintenant confiée à des juges d’instruction et pourrait donc déboucher sur une mise en examen.

Au cas où tu n'as rien suivi à l'histoire, voici un petit rappel. Fillon est accusé d'avoir engagé sa femme Pénélope, à plusieurs reprises entre 1988 et 2013, comme assistante parlementaire. Celle-ci aurait touché un salaire mirobolant, alors que personne ne l'a vue au Parlement où elle était censée exercer sa fonction. Lorsqu'il était sénateur, entre 2005 et 2007, l'ex Premier ministre français aurait aussi rémunéré deux de ses enfants "pour des missions précises" d'avocats. Le souci, c'est qu'ils n'étaient même pas encore diplômés de l'université.

Ce sont donc désormais des juges indépendants qui reprennent le dossier. En définitive, ils devront statuer si oui ou non Fillon est bien coupable de "détournements de fonds publics, d'abus de biens sociaux et recel, de trafic d'influence et de manquement aux obligations déclaratives", selon ce qu'indique le Parquet national financier dans un communiqué.

Fillon va-t-il abandonner sa campagne?

Lorsque les premières révélations du Canard enchaîné sont tombées fin janvier, Fillon avait d'emblée répondu qu’il retirerait sa candidature aux élections présidentielles s'il était mis en examen. Quelques semaines plus tard, il avait changé d'avis, en annonçant qu'il irait "jusqu’au bout, coûte que coûte". Mais la tournure de plus en plus judiciaire que prend l'affaire pourrait bien de nouveau le faire tergiverser.

Et que risque-t-il s'il est mis en examen? Si les juges statuent qu'il a bien détourné des fonds publics, il risque jusqu'à dix ans de prison et un million d’euros d’amende, selon la presse française. En plus, il pourrait être forcé de retirer sa candidature aux élections et de ne plus pouvoir se présenter. De l'autre côté, en cas de confirmation des soupçons d’abus de biens sociaux (suite au travail de sa femme à la Revue des deux mondes), il risque cinq ans de prison et jusqu'à 375.000 euros d’amende. L'affaire n'est donc pas terminée, mais le classement sans suite semble de moins en moins plausible...

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