Une confiance des consommateurs accrue fait que les Belges ont souscrit à 5% de plus de crédits à la consommation en 2016

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En 2016, les taux d’intérêt ont atteint historiquement les niveaux les plus bas. Les Belges qui souhaitaient emprunter ont donc pu en profiter, mais ont-ils effectivement emprunté plus ? Ceux qui souhaitaient souscrire à un prêt hypothécaire ou refinancer leur prêt ont également pu bénéficier des taux d’intérêt bas. En Flandre, la  réforme du bonus logement a eu lieu en 2015 tandis qu’en 2016 la Wallonie a modifié son système fiscal pour l’achat des logements en “Chèque Habitat” (ce dernier est avantageux pour des revenus inférieurs, et désavantageux pour des revenus élevés). Ces mesures ont-elles eu un effet sur les prêts hypothécaires? de TopCompare.be

Un adulte Belge avait en moyenne contracté €35.600 de dettes sur ses prêts en cours fin 2016, soit 4% de plus que l’année précédente

Selon une enquête de TopCompare.be, une plateforme de comparaison financière, il y a eu une légère croissance (0,4%) du nombre des contrats de crédit en cours, par rapport à 2015. De ce fait, les Belges n’auront jamais accumulé autant de dettes qu’avec les crédits en cours fin 2016 (dettes virtuelles[1]). En décembre 2016, les montants initiaux de ces crédits en cours s’élevaient à €320 milliards, soit 5% de plus que l’année précédente. Entre 2012 et 2016, le taux de croissance annuelle de la dette virtuelle des ménages belges s’élevait à 3,6%.

Fin 2016, les crédits en cours d’un adulte belge représentaient en moyenne une dette de €35.600. Alors qu’en 2015 et en 2012, ils ne représentaient respectivement "que" €34.300 et €31.800.

"Pour vraiment comprendre ce qui se cache derrière ces chiffres, nous devons analyser quels sont les types de prêts que les Belges ont contractés" explique Wouter Vanderheere.

La croissance de 2% du nombre des prêts hypothécaires en 2016 est surtout due aux faibles taux d’intérêt

Entre 2015 et 2016, la croissance du nombre des prêts hypothécaires en cours s’élevait à 2% (soit 70.000 contrats). Ceci suit la tendance de la croissance annuelle de 2% depuis 2012 du nombre des prêts hypothécaires. Bien que 2016 (525.000 nouveaux crédits hypothécaires ou refinancés) n’a pas atteint le niveau record de 2015 (621.000), plus de contrats hypothécaires ont quand même été souscrits en 2016 qu’en 2012, 2013 ou 2014.

De plus, la dette virtuelle concernant les prêts hypothécaires a augmenté deux fois plus rapidement que le nombre des prêts en cours, ce qui signifie surtout que le montant emprunté par contrat a augmenté ces dernières années. La croissance annuelle de la dette virtuelle des prêts hypothécaires s’élevait à 4% pour la période 2012-2016. En 2016, la croissance s’élevait même à 5% (soit €12,5 milliards).

La popularité des prêts hypothécaires et le fait que les montants par contrat ont augmenté peuvent être associés à plusieurs facteurs:

Etant donné que les taux d’intérêt pour des prêts hypothécaires sont bas, les gens n’ont pas seulement été poussés à acheter un nouveau logement, mais également à refinancer leur prêt existant.

L’immobilier a prouvé être un excellent investissement ces dernières années notamment lors de la période suivant crise où le secteur n’a pas connu de grande correction. Ceci a rendu les Belges confiants par rapport à l’immobilier, comparé à d’autres investissements de valeur moins durable.

L’épargne et les dépôts à long terme ne rapportent presque plus rien.

Les taux d’intérêt bas permettent désormais aux gens de contracter des prêts de montants plus élevés, parce que la part des intérêts pèse moins lourd et laisse donc plus de place pour emprunter du capital.

Les Belges ont aussi contracté 5% de plus de nouveaux crédits à la consommation en 2016 qu’en 2015, principalement des prêts à tempérament

La dette virtuelle des prêts à la consommation en cours (prêt à tempérament, vente à tempérament et ouverture de crédit) a connu une croissance de 3% entre 2015 et 2016, soit une croissance de €1,4 milliards. Ceci réaffirme que les Belges ont emprunté davantage, surtout avec une hausse importante du nombre de prêts à tempérament (voir graphique ci-dessous).

Entre 2015 et 2016, la croissance des prêts à tempérament en cours et celle des dettes virtuelles correspondantes, s’élevaient respectivement à 7% (soit 121.625 contrats) et 5% (soit €1,5 milliards). Le fait que le nombre de crédits à la consommation a baissé de 1% sur base annuelle entre 2012 et 2016 est seulement dû à la popularité en déclin de l’ouverture de crédit et de la vente à tempérament lors de ces dernières années.

Le succès du prêt à tempérament peut être lié à plusieurs facteurs :

La croissance de la confiance des consommateurs pendant la période suivant la crise: les Belges osent à nouveau “investir” dans des projets concernant leur vie quotidienne (rénovation, voiture, etc.) ou de luxe (voyage, tv, etc.).

Le fait que l’épargne ne rapporte plus beaucoup incite les Belges à dépenser plus (et à se financer). Aujourd’hui, les banques encouragent le financement, parce qu’il s’agit actuellement de leur produit le plus rentable .

Les crédits arriérés des Belges continuent à croître avec plus de 6 contrats de crédit sur 100 en défaut de paiement

Le nombre de contrats de crédit arriérés a progressé de presque 2% de 2015 à 2016. De même, le nombre de gens avec au moins un crédit en défaut de paiement a progressé de 3,3% (ce qui fait que 5,9% des emprunteurs ont au moins un crédit arriéré, par rapport à 5,7% en 2015).

Le taux d’endettement (le nombre de crédits arriérés par rapport au nombre de contrats) est également passé de 6% fin 2015 à 6,1% fin 2016. Sachant que “seulement” 5 contrats de crédit sur 100 étaient en défaut de paiement en 2011.

Cependant 2016 a aussi marqué la fin de la forte croissance des arriérés

Le nombre de contrats de crédit arriérés connaît tout de même une augmentation plus faible (1,9%) par rapport aux années précédentes (4,1% en 2014 et 4,7% en 2015). Pendant l’année 2016, il y avait également 4% de nouveaux contrats arriérés en moins par rapport à 2015.

Le montant total des crédits arriérés fin 2016 était même 1% plus bas qu’en décembre 2015, alors qu’ils continuaient d’augmenter les années précédentes (6,8% de 2011 à 2012, 8,9% de 2012 à 2013, 4,9% de 2013 à 2014, et 1,4% de 2014 à 2015).

Ce sont principalement les ouvertures de crédit qui ont augmenté les arriérés en crédit pendant l’année 2016

Le taux d’endettement des contrats hypothécaires est resté relativement stable entre 2015 et 2016 (1,7%).

Cependant, le taux d’endettement des crédits à la consommation a légèrement augmenté de 7,5% à 7,7% entre 2015 et 2016. Car le nombre de contrats arriérés a augmenté de 2%, tandis que le nombre de crédits en cours a baissé de 0,2%. On remarque tout de même que la croissance des contrats arriérés est moins importante que les années précédentes (4,8% en 2013, 4% en 2014 et 5,2% en 2015). De plus, le montant des arriérés a baissé de 2,1% en 2016 par rapport à 2015.

Ce sont principalement les ouvertures de crédit qui ont engendré une forte hausse des contrats arriérés (3,4% de plus en 2016 qu’en 2015). Cette croissance est tout de même beaucoup moins prononcée que lors des années précédentes (9,5% en 2015 et 8% en 2014).

[1] Dans cet article, lorsque l’on se réfère aux “dettes virtuelles”, on parle du montant initialement emprunté des crédits en cours.