Éh non, même 10 millions d'éoliennes ne suffiront pas pour sauver le Pôle Nord

Les chercheurs américains espèrent sauver l'Arctique et donc ralentir les effets du réchauffement climatique. Pour ce faire ils ont un nouveau plan: recongeler les banquises du pôle nord. "Pour régler le problème de l'Arctique, la solution est étonnamment facile: il suffit de rajouter de la glace" titraient les médias hier. Ok, c'est une bonne idée. Mais il y a deux problèmes: 1) ce n'est pas "étonnamment facile", 2) ce n'est qu'une solution temporaire. 

Pour tout ceux qui n'habitent pas sur le planète de Trump, il y a quelque chose de très préoccupant qui se passe au Pôle Nord. En octobre, les spécialistes du climat ont tiré la sonnette d'alarme: la croissance des banquises de l'Arctique était ridiculement faible. Quelques mois plus tard, il n'y a toujours pas d'amélioration. Les chiffres parlent d'eux-même: la banquise a perdu un demi-million de kilomètres carré par rapport à la période 1981-2010. Même topo au Pôle Sud: la superficie de la banquise à diminué de 600.000km2.

Depuis que l'on a commencé à prendre des mesures de la banquise en 1979, elle n'a jamais été aussi petite. La différence est vraiment spectaculaire, même comparé avec les records précédents.

Effet boule de neige

Depuis, la plupart des scientifiques ont convenu que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la planète: ce que nous observons dans les Pôles n'est que le résultat d'un effet domino tant redouté du réchauffement climatique. La banquise a un effet isolant: elle empêche les océans de rejeter leur chaleur dans l'atmosphère. Quand les températures augmentent, la quantité de glace diminue, ce qui permet aux océans d'émettre plus de chaleur et donc les températures augmentent aussi plus rapidement.

Les derniers mois ont été particulièrement chauds en Arctique: entre 15 à 20 degrés au dessus de la normale. Il semble donc bien que nous avons mis en place un mécanisme qui amplifie le réchauffement climatique. Les scientifiques craignent que nous ne soyons entrés dans une nouvelle spirale négative. C'est simple, les changements que nous observons aux deux Pôles ont été plus rapides que ce qui avait été prévu.

Dix millions de canons à neige

Le réchauffement de l'Arctique est le plus rapide de la planète: il est trois fois plus rapide que dans les autres régions du monde. C'est inquiétant car c'est aux Pôles qu'on observe en premier le réchauffement climatique sur Terre. Par exemple, si la température globale de la Terre augmente de quatre degrés, l'Arctique sera douze degrés plus chaud. Un consensus a presqu'été établi: d'ici 20 à 30 ans, il n'y aura plus de glace en Arctique, du moins en été.

Des physiciens de l'Arizona State University ont mis au point une théorie intéressante pour remédier à ce problème. Ils veulent mettre en place un système de pompes flottantes autour de la calotte glacière. Ces pompes vont pomper l'eau sous la glace. Ensuite ils vont asperger la calotte avec l'eau pompée pour reformer la glace. L'Arctique sera donc recongelé grâce à des canons à neiges artificiels.

Une solution temporaire

Le problème, c'est que le prix de cette opération est exorbitant. L'ensemble du projet coûterait environ 470 milliards d'euros. L'argent serait principalement investi dans les éoliennes censées alimenter les bouées. De cette manière, les bouées pourront agir de façon autonome.

Pour surmonter les problèmes techniques, les Américains voudraient envoyer de la main d'oeuvre sur place pour assurer la maintenance. Si ils passent à l'action, ce sera le double du prix.

Théoriquement, ce plan est faisable. Par contre, il faudra convaincre les États-Unis et la Russie dont la politique concernant le développement durable est quasi inexistante.

Et enfin, il faut avant tout diminuer nos émissions de gaz à effet de serre de façon drastique. Si ces émissions ne diminuent pas, ce plan n'aura qu'un effet temporaire.

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