Trump ne s'avoue pas vaincu: il laisse tomber la procédure en appel... mais va réécrire un nouveau décret anti-immigration

La bonne nouvelle de la journée? Donald Trump et son ministère de la Justice ont demandé à la Cour d'appel de San Francisco de laisser tomber le dossier. Le président américain va en réécrire un nouveau qui soit plus légal (espérons-le). Hier, il a également donné sa première conférence de presse en solo, et c'était un désastre total.

C'est probablement une grande première, Donald Trump décide de jouer la carte de la sagesse et dépose les armes. Le ministère américain de la Justice a demandé hier à la Cour d’appel de San Francisco de laisser tomber la procédure sur le décret anti-immigration de Trump. Le président américain préfère réécrire un nouveau texte, plutôt que de "perdre du temps au tribunal".

Lors de sa première conférence de presse en solo, Trump a déclaré: "Nous sommes en train de préparer un nouveau décret pour la semaine prochaine qui protégera entièrement notre pays". La nouvelle version devrait être tout à fait conforme à la décision de la justice, qu'il a jugée "scandaleuse". Il a ajouté: "Nous pouvons ajuster le décret à cette décision et obtenir tous ce qu'on souhaite, peut-être même plus, d'un certain point de vue". Ok là, ça fait peur. Ses avocats ont dans le même temps, précisé à la Cour d'appel: "Plutôt que de poursuivre ce litige en justice, le président a l’intention d’abroger son décret et de le remplacer par un nouveau décret totalement révisé".

Pour rappel, Trump avait signé un décret le 27 janvier dernier qui interdisait l'entrée aux États-Unis aux citoyens de sept pays à majorité musulmane (Libye, Somalie, Iran, Irak, Syrie, Yémen et Soudan) et suspendait l'arrivée de réfugiés sur le sol américain pour une durée indéterminée. En quelques heures, il avait provoqué un chaos phénoménal dans les aéroports du pays. Mais heureusement, il n'a même pas tenu le week-end, un juge a suspendu son application le dimanche parce que cette mesure est "contraire à la Constitution américaine". S'en est suivi un début de bataille judiciaire, deux recalages en appel... jusqu'au forfait de Trump.

Son administration fonctionne "comme une machine parfaitement réglée"

Si cette annonce peut sembler une bonne nouvelle - en tout cas tant qu'on ne connaît pas encore le contenu de son futur texte - il n'en est rien du reste de sa conférence de presse. Pendant 77 longues minutes et des monologues presque ininterrompus entre les questions des journalistes, il a réprimandé les médias et réaffirmé à quel point sa présidence marche à la perfection. "Il n'y a jamais eu une présidence qui a fait tellement en si peu de temps", a-t-il déclaré sur base d'on ne sait quoi.

Il a également rejeté les nombreuses critiques comme quoi ce serait le chaos dans son administration. "J'allume la télé, j'ouvre les journaux et je vois des histoires de chaos partout. C'est exactement le contraire. Cette administration fonctionne comme une machine parfaitement réglée", s'est-il défendu. Rappelons tout de même que son gouvernement n'est toujours pas au complet et que les licenciements et démissions s'enchaînent déjà. Mais non, tout va bien.

"Russia is fake news"

Autres faits marquants, Trump est incapable de répondre correctement aux questions sans insulter les journalistes, sauter d'un sujet à l'autre et esquiver les sujets sérieux. Cela semble une tactique pour détourner l'attention de ses liens présumés avec la Russie.

Il a, à nouveau, formellement démenti les rapports sur des contacts répétés l’an dernier entre son équipe de campagne et le renseignement russe, ainsi que les discussions entre son ex-conseiller à la sécurité nationale et un diplomate russe. "Ce ne sont que des fausses informations (...) Vous pouvez dire ce que vous voulez sur la Russie, ce ne sont que de fausses informations fabriquées pour compenser la défaite des démocrates et la presse joue le jeu", a-t-il ajouté.

Enfin, il a passé un bon moment à se plaindre des fuites dans les médias. Il a d'ailleurs demandé au ministère de la Justice de se pencher sur "les fuites criminelles", qui ont entraîné la démission de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, à cause de ses contacts louches avec la Russie. Et il a promis d'un ton très ferme: "vous verrez que cela va cesser parce que maintenant nos gens sont en place". Mais qui doit avoir le plus peur? Les médias, le service de renseignement américain ou Trump?

Déjà lu?