Un fail de plus pour Donald Trump: son futur ministre du Travail se retire, mais ce n'est rien à côté du dossier russe

Le possible futur ministre du Travail de Donald Trump, Andrew Puzder, a retiré sa candidature. Rattrapé par de vieux dossiers, il a préféré jouer la carte de la sagesse et ne pas attendre le vote de sa nomination officielle au Sénat. C'est le premier membre du futur gouvernement à se retirer, alors que l'équipe n'est toujours pas au complet. Mais ce n'est rien à côté du dossier russe qui enfle de jour en jour et des nouvelles révélations sur les fuites du renseignement américain.

"Je retire ma candidature au poste de secrétaire au Travail. Bien que je ne serve pas dans l'administration, je soutiens pleinement le président et son équipe de grande qualité", voilà ce qu'a déclaré Andrew Puzder dans un communiqué envoyé mercredi à la presse. Il n'aura même pas attendu son entrée en fonction pour quitter le poste.

Pour être officiellement nommé, Andrew Puzder devait récolter au moins 51 votes positifs sur 100 au Sénat. Mais les démocrates avaient promis de faire bloc contre lui et plusieurs Républicains ne voulaient pas non plus le soutenir. Il valait donc mieux pour lui ne pas prendre le risque. Mais c'est encore une mauvaise nouvelle pour le président américain Donald Trump. Cela ne fait même pas un mois qu'il est entré en fonction que son gouvernement n'est toujours pas complet et que les départs se multiplient déjà. Après le renvoi de la ministre de la Justice par intérim Sally Yates, puis la démission de son conseiller à la sécurité, Micheal Flynn, c'est maintenant au tour de son futur ministre du Travail.

Rattrapé par ses vieilles casseroles

Andrew Puzder est le PDG d'un groupe de restauration rapide. Il avait été nommé par Trump comme secrétaire au Travail, mais il a préféré retirer sa candidature. Il traînait trop de vieilles casseroles. Par exemple, il a reconnu avoir employé au noir une femme de ménage pendant plusieurs années, alors qu'elle était en situation irrégulière. Cette histoire a fait grincer tout le Sénat des dents, dont le démocrate Bernie Sanders: "Nous ne voulons pas d'un secrétaire au Travail qui gagne des millions pendant que ses employés gagnent à peine de quoi manger", a-t-il déclaré dans la presse américaine.

L'histoire de son divorce compliqué en 1987 a aussi refait surface. Son ex-femme l'accusait de violences conjugales, puis elle est revenue sur ses propos. Mais le site Politico a ressorti le témoignage qu'elle avait délivré sous anonymat dans l'émission télévisée d'Oprah Winfrey en 1990.

Retrait inaperçu

Mais le retrait d'Andrew Puzder est presque passé inaperçu à côté du dossier russe qui enfle de jour en jour et des polémiques sur les fuites des services de renseignement dans les médias. Hier soir, le Wall Street Journal a rapporté que les services de renseignement américain retiendraient des informations sensibles mais les cacheraient à Trump. Certains fonctionnaires ont avoué qu'ils hésitaient à révéler à Trump les "sources et méthodes" que les agences de renseignement utilisent pour recueillir des informations sensibles.

Pourquoi? Le renseignement américain ne ferait pas confiance à l'équipe de Trump, en raison des questions persistantes sur ses prétendus liens avec la Russie. Si ceux-ci sont avérés, ils pourraient compromettre la sécurité des informations classées top secret.

De son côté, Trump a encore qualifié les fuites du FBI et de la NSA d'"actes criminels". Suite à la démission de son conseiller à la sécurité, il a réagi sur Twitter: "Le vrai scandale, c'est que des informations classées [secrètes] soient ainsi données illégalement par les services de renseignement, comme des bonbons! Très anti-américain".

"Ce n'est pas bon pour le pays"

En fait, Trump est en train de se mettre tous les services de renseignement américain sur le dos. Et c'est pour cette raison également que ses officiers sont réticents à partager avec lui leurs méthodes de collecte de données sensibles.

Un ancien haut responsable du renseignement américain, Mark Lowenthal, a d'ailleurs précisé au Wall Street Journal: "Voir une relation si difficile entre un président et les agences de renseignement n'était probablement jamais arrivé. Je ne me souviens pas avoir déjà vu un tel niveau de friction. Et ce n'est pas bon pour le pays."

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