Ce n'est pas une blague: les mots de passe sur les réseaux sociaux pourraient être demandés pour obtenir un visa aux États-Unis

Violation de la vie privée? Les États-Unis semblent ne pas trop y prêter attention. John Kelly, secrétaire de la Sécurité intérieur, a annoncé ce mardi que les ambassades américaines pourraient demander les mots de passe des réseaux sociaux aux personnes postulant pour un visa américain. Tout ça dans le but de vérifier qu'elles ne sont pas dangereuses pour le pays. C'est quoi la prochaine étape? 

En juin dernier, tu apprenais que les États-Unis envisageaient de demander le compte Facebook des personnes souhaitant entrer sur le territoire américain. Le réseau social prenait alors la forme d'une pièce d'identité à part entière. En décembre, cette mesure est devenue réalité: les ressortissants d'une quarantaine de pays doivent désormais déclarer leur compte Facebook dans le formulaire à remplir à la douane. Aujourd'hui, on apprend que le gouvernement américain compte aller plus loin.

Le gouvernement américain envisage de demander les mots de passe Facebook, et des autres réseaux sociaux, aux personnes qui souhaitent obtenir un visa américain. Cette mesure concernerait principalement les pays concernés par le Muslim Ban de Donald Trump, à savoir Iran, Syrie, Libye, Irak, Somalie, Soudan et Yémen. Donc avant de s'envoler pour les États-Unis, les personnes concernées devront sans doute faire un petit nettoyage sur leur compte pour éviter les embrouilles.

Coopérer ou dégager

C'est John Kelly, secrétaire de la Sécurité intérieur, qui a évoqué cette mesure ce mardi devant la commission sur la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne tourne pas autour du pot: "Il est très difficile de faire de véritables contrôles dans ces pays, dans les sept pays... Mais s'ils viennent (chez nous), nous voulons pouvoir dire quels sites ils consultent sur internet et qu'ils nous donnent leurs mots de passe pour que nous sachions ce qu'ils font sur internet".

Liberticide, tu dis? Nooooon. C'est juste une question de sécurité, hein. En tout cas, les USA auront la possibilité d'absolument tout savoir sur les personnes souhaitant séjourner ou vivre en Amérique. Donc si les ressortissants concernés ont des passions un peu bizarres et qu'ils fréquentent des sites jugés inappropriés, ils vont avoir des problèmes. Surtout que le caractère dangereux ou suspect des pages et sites fréquentés pourrait être totalement arbitraire. En effet, difficile de savoir sur quels critères objectifs le gouvernement pourrait se baser pour déterminer si une personne est apte à obtenir un visa.

Et attends John Kelly ne s'arrête pas là, il continue: "S'ils veulent vraiment venir en Amérique, ils vont coopérer. Sinon, au suivant". Sympa. Et qu'importe si l'attribution des visas est plus longue qu'avant, c'est la sécurité qui prime. Heureusement, rien n'est encore officiel, et le gouvernement pourrait faire marche arrière. Mais dans tous les cas, le gouvernement américain a encore prouvé, si c'était vraiment nécessaire, qu'il était prêt à tout pour éviter que d'éventuels terroristes puissent pénétrer sur le territoire américain. Quitte à utiliser des mesures liberticides et s'en prendre à la liberté d'expression des internautes.

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