Ryanair tire sur les normes de bruit à Zaventem: "Il faut les ajuster ou des jobs et des vols vont disparaître"

La pression sur l'aéroport de Zaventem augmente: l'aéroport doit appliquer les normes de bruit sans marge de tolérance. Pour le patron de Ryanair, Micheal O'Leary, c'est un coup dur: si ces nouvelles normes sont mises en places, les vols avant 7h et après 23h ne seront plus possibles. Ryanair va supprimer des vols mais aussi des emplois. Pour le moment, ils arrêtent d'investir.

Une crise menace l'aéroport de Zaventem. Bruxelles a imposé de nouvelles normes plus strictes au niveau du bruit. Elles devaient être mises en place dès le 1er janvier. Elles le seront le 22 février. Il y a une tolérance zéro pour le dépassement des normes de bruit. Et si les normes sont dépassées, les compagnies risquent une amende de 6.000 euros.

Elles sont en colère. Depuis des semaines, elles font du lobby pour essayer d'adapter ces normes anti-bruit. Micheal O'Leary, le patron de Ryanair s'énerve: "les vols entre 6 et 7h sont associaux? J'ai quatre enfants et je suis souvent déjà debout". "It's a crazy rule, politicians do crazy things" ("C'est une règle folle, les politiciens dont des choses dingues"). Et il menace le gouvernement bruxellois: "Bruxelles doit résoudre ses problèmes de bruit, sinon il perdra de la capacité et du trafic".

Pour Ryanair c'est clair: si la mesure est vraiment mise en place, ils n'investiront plus un euro à Zaventem. C'est une mauvaise nouvelle pour l'emploi et l'aéroport. La compagnie irlandaise veut passer de 2,6 millions de passagers à 3,6 millions par an. "Mais c'est difficile si on risque une amende de 6.000 euros par vol. C'est plus que ce qu'un vol de 195 passagers nous rapporte. Si les nouvelles mesures sont mises en place, nous investirons moins. La première fois que nous recevons une amende de 6.000 euros, nous devrons annuler tous les vols" a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse à Bruxelles.

Est-ce que Ryanair sera impacté? Cela reste à voir: il vole avec des Boeings modernes qui ne violent pas les normes de bruit. Mais il y a des pressions sur la compagnie pour voler plus tard et ça coûte de l'argent. "Tous les slots entre 7 et 9h du matin devraient vite être supprimés" selon O'Leary.

Mais les vraies victimes de ces mesures plus strictes sont TUI Fly et Thomas Cook Airlines. Ils partent souvent très tôt, tout comme Brussels Airlines. Et ils ont des avions plus anciens qui font davantage de bruit.

La bombe est retardée jusqu'au 22 février

Les mesures ne sont pas encore mises en place car la Flandre a tiré la sonnette d'alarme: c'est une loi d'une région qui cause des dégâts à d'autres. Il y a donc un "conflit d'intérêts" et la mesure est gelée provisoirement.

Si aucune solution n’est trouvée avant le 21 février, la décision de Bruxelles d’appliquer les normes de bruit sans marge de tolérance entre en vigueur le 22. Le gouvernement bruxellois doit trouver une solution.

Bruxelles veut que le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR) mette un nouveau plan sur la table qui réglerait le survol de Bruxelles. Car c'est ce que Bruxelles veut finalement: moins de vols au-dessus de la capitale et d'autres routes. Les normes de bruit sans marge de tolérance sont une manière pour le gouvernement bruxellois de mettre la pression. Seulement, il est difficile de changer ces routes.

Maintenant, le gouvernement flamand essaye de mettre la pression au gouvernement bruxellois. Voilà ce qu'a dit le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA) à Het Laatste Nieuws sur son collègue bruxellois Rudi Vervoort (PS): " Il doit prendre ses responsabilités. C'est impensable que sous l'impulsion du PS, des jobs périssent à Zaventem et que Charleroi reprenne son souffle."

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