Marine Le Pen s'embrouille avec le Parlement européen mais elle va quand même devoir rembourser 340.000 euros

Marine Le Pen doit 340.000 euros au Parlement européen pour une histoire d'emplois fictifs mais elle refuse de les rendre. Pour elle, il n'y a jamais eu fraude. L'institution européenne, qui n'est pas du même avis, a décidé de retenir cette somme sur son salaire de parlementaire. Par tranche mensuelle de 8.000 euros.

Alors que les élections présidentielles se préparent en France et que les candidats cherchent à soigner leur image au possible, une grosse casserole vient entacher la réputation de Marine Le Pen, la présidente du Front National (FN).

Le Parlement européen l'accuse d'avoir déclaré son amie Catherine Griset comme assistante parlementaire alors que cette dernière n'aurait jamais travaillé au sein des institutions européennes. En réalité, Griset aurait travaillé uniquement comme cheffe de cabinet pour le Front National. Le montant total perçu pour cet emploi fictif s'élève à 298.000 euros, révèle l'AFP. Une somme que Le Pen refuse de rendre, arguant que ces accusations sont fausses.

Enquête de l'Olaf

Le journal français L'Obs remarque que Catherine Griset était censé travailler et vivre à Bruxelles. Mais les enquêteurs n'ont trouvé aucun bail, contrat d'eau ou d'électricité à son nom. Aucune trace de vie dans la capitale belge, en somme. Pour se défendre, la cheffe de cabinet a répondu qu'elle dormait sur un canapé-lit chez des amis.

Et à en croire les relevés de son badge, elle n'aurait passé que 3h sur six années au Parlement. Griset s'est défendue en disant qu'elle passait par les parking du sous-sol. Mais même en passant par le sous-sol, les assistants sont obligés de badger aux portiques de sécurité. Oups.

Cette demande de remboursement ne vient pas de nulle part: le Parlement européen se base sur une enquête de l'Olaf, l'organisme anti-fraude de l'Union européenne. Il a demandé à ce que ces 298.000 euros, qui ont été touchés sur la période allant de 2010 à 2016, soient remboursés avant le 31 janvier 2017.

Refus de rendre

Marine Le Pen a refusé de rendre la somme demandée sous prétexte que ce recouvrement lui a été demandé "sans que la justice ait eu à se prononcer". Elle accuse l'Olaf de collusion politique avec les instances européennes, soit de ne pas être totalement impartial. Il faut pourtant savoir que l'Olaf est un organisme indépendant qui enquête autant sur les institutions que sur le budget de l'UE.

Du coup, plutôt que d'attendre que la présidente du FN lui rende cette somme, le Parlement européen a décidé de le retenir sur son salaire, par tranches de 8.000 euros. Les parlementaires étant payés le 15 du mois, cette somme lui sera retirée vers la mi-février.

Le Parlement européen ne voit pas ce recouvrement comme une sanction mais comme un remboursement. Pour récupérer toutes ces sommes, l'institution européen devrait retenir mensuellement 50% du salaire, 100% des indemnités de frais généraux et 50% des indemnités journalières allouées à la député européenne. Ces frais, indemnités et salaires réunis tournent généralement autour des 10.400 euros par mois. Ce qui devrait tout de même lui laisser 2.400 euros par mois.

Le garde du corps aussi

Un autre membre du parti d'extrême droite est également concerné par cette enquête de l'Olaf et ça pourrait aussi virer en une demande de remboursement

Il s'agit de Thierry Léger, le garde du corps de Le Pen. Pour ce service non-rendu, la présidente devrait rendre 41.500 euros.

Marine Le Pen clame toujours son innocence et détourne l'attention sur le candidat Fillon, lui aussi embourbé dans un scandale. "Pour rembourser, il faudrait que je les ai perçues [les sommes, ndlr], mais je ne m’appelle pas François Fillon", a-t-elle déclaré à l'AFP. Faites chauffer le pop-corn, cette histoire promet d'être fun.

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