Une semaine de présidence pour Donald Trump: voilà le topo

Le maître mot de cette première semaine de présidence pour Donald Trump: commander, et vite. En une semaine, le nouveau président des États-Unis a déjà accompli une tonne de tâches, il s'empresse de réaliser ses promesses de campagne. Ça ne plait évidemment pas à tout le monde, mais voilà le topo de cette première semaine de gouvernance. 

Donald Trump est donc le nouveau président des États-Unis, ça tout le monde le sait maintenant. Et Trump n'est pas seulement passé de son bureau de la Trump Tower au bureau oval de la Maison-Blanche depuis le 20 janvier dernier, il s'est également dépêché de mettre en route ses grands thèmes de campagne. Il n'a pas bougé de Washington D.C. mais ne s'est pas tourné les pouces, loin de là. Il a tweeté (bon, ça on a l'habitude), signé des décrets, donné des interviews, rencontré les grandes entreprises américaines, etc. Et ce qui est sûr, c'est que ça a dû être une sacrée semaine. Voici donc jour par jour, la première semaine de Donald Trump en tant que président des États-Unis.

JOUR 1: Party!

L'investiture de Trump a commencé à 12h pile vendredi 20 janvier 2017. La traditionnelle inauguration a été suivie de son discours "America First!" Un discours qui a sonné comme un Xè discours de campagne pour Donald Trump. Après tout cela, il y a eu le grand bal d'inauguration à la Maison-Blanche où Donald Trump à dit s'être bien amusé avoir bien profité de la fête. On retiendra sa première danse avec Melania sur My Way de Franck Sinatra.

On retiendra aussi de cette journée, la prétendue foule immense présente pour l'acclamer, mise en comparaison avec la foule présente pour l'inauguration de Barack Obama en janvier 2009.

JOUR 2: huge manif'

Bad pour Trump. Au lendemain de son inauguration, 500.000 personnes se rassemblent et manifestent dans les rues de Washington, c'est la Women's March. Le phénomène prend de l'ampleur et c'est finalement le monde entier qui a manifesté ce jour-là.

La manifestation rassemblait surtout des femmes, qui étaient là pour lutter contre les injustices commises envers elles, mais aussi contre celles faites aux minorités. Et puis aussi, c'était une manifestation anti-Trump. La date n'avait pas été choisie par hasard.

La même journée, on retiendra le "mensonge" de l'administration Trump quant au nombre de personnes personnes présentes pour le soutenir le jour de son inauguration. Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche a fait une apparition imprévue (normalement la première conférence de presse aurait dû avoir lieu le 23 janvier) et a déclaré que la presse "passait son temps à mentir" et que "l'inauguration de Trump avait battu tous les records" en termes de personnes présentes... Le truc qui n'a donc pas fait bonne presse et qui a encore donné un indice sur la relation entre la presse et l'administration Trump.

JOUR 3: les "faits alternatifs"

C'est à Kellyanne Conway, une proche collaboratrice de Donald Trump, qu'est revenu le "devoir" de rattraper la sauce de Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche. Elle a nié le fait que les propos de Spicer étaient des mensonges et a désigné cela comme des "faits alternatifs", ce qui avait fait beaucoup rire le journaliste qui l'interrogeait sur NBC. Un terme qui a poursuivi l'administration Trump pendant toute la semaine. Parce que, qu'est-ce qu'elle voulait dire par ces "faits alternatifs" en fait? Les médias avaient d'autres chiffres que l'administration pour le nombre de présents à l'inauguration de Trump. Ce serait donc un terme, qui désigne une différence de faits. Mais pour le monde journalistique, il s'agit simplement de faux faits.

JOUR 4: au boulot!

Comme déjà dit plus haut, Trump et son équipe n'ont donc pas perdu de temps. Lundi, le nouveau président des États-Unis a commencé par torpiller le TTIP, l'accord commercial sur lequel l'administration Obama avait bossé depuis des années. Pour ensuite continuer en déclarant qu'ils allaient interdire le financement d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Il a aussi annoncé qu'il y aurait un sérieux gel en ce qui concerne l'embauche dans la fonction publique. En gros, un lundi de boulot composé de plein de retours en arrière. Oh, et by the way, cette image de Donald Trump, dans le bureau oval en train de signer des documents, elle va revenir dans le reste de la semaine ;-).

JOUR 5: encore et toujours plus de décrets

Mardi, aussi big day pour Trump et encore une nouvelle promesse électorale mise en pratique: il annonce que la construction de deux pipelines controversés dans le nord des États-Unis, dans le Dakota, reprendra. Pour rappel, l'administration Obama avait fait stopper leur construction. Les opposants à ces oléoducs ont déjà prévenu qu'ils n'allaient pas se laisser faire et qu'ils étaient prêts à lutter.

C'est aussi le jour où Donald Trump a déclaré qu'il voulait encore qu'une enquête soit réalisée sur l'élection de novembre. Il pense qu'une fraude a été largement commise, et veut notamment faire la chasse aux personnes qui étaient enregistrées dans deux états. Et qui ont donc pu voter deux fois pour Hillary Clinton, à n'en pas douter, si on suit son raisonnement. Petit rappel anecdotique: son entourage est directement concerné.

JOUR 6: le mur

Également une de ses promesses de campagne: ériger un mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Personne n'avait imaginé qu'il le ferait, mais on dirait bien que Trump est tout à fait décidé, il ne "reste plus qu'à" trouver le financement, puisque le président mexicain a annoncé qu'il ne donnerait pas un sou pour la construction du mur.

Dans une interview avec ABC News, Donald Trump s'est dit ouvert à des techniques d'interrogatoire de torture comme méthode pour les suspects du terrorisme. "Je veux garder notre pays en sécurité" et pour ça, il assure: "We have to fight fire with fire", c'est-à-dire qu'il n'est pas contre le fait d'utiliser des techniques aussi cruelles que son ennemi, qu'il désigne comme Daech.

JOUR 7: première (?) boulette diplomatique

Bon on s'y attendait en soi à celle-là, mais c'est officiel. Car le projet de mur a également refroidi les relations entre le Mexique et les US. Le président mexicain, Peña Nieto, a annulé une visite qu'il était sensé faire aux États-Unis mardi prochain. En plus de cela, Trump a annoncé que pour financer le mur, il avait l'intention, de taxer à 20% les produits en provenance du Mexique.

JOUR 8: Theresa May

Premier vrai contact diplomatique pour Donald Trump avec Theresa May et une visite qui montre la "relation spéciale" qui lie Londres et Washington. C'était la première visite officielle de Trump à la Maison-Blanche. Pour une fois, le nouveau président des États-Unis a su se tenir et la conférence de presse, que la première Ministre britannique et le président des États-Unis ont tenue, était tout à fait traditionnelle. Demain, Trump est sensé téléphoner à Vladimir Poutine, à Angela Merkel et à François Hollande.

Ha oui, on allait presque oublier. Donald Trump a décider de durcir la politique d'immigration pour dit-il stopper d'éventuels "terroristes islamiques". Et pour cela, il a de nouveau signé un décret qui prévoit d'interdire l'accueil de réfugiés syriens sur le territoire, jusqu'à nouvel ordre. L'ONU appelle les États-Unis à pourtant poursuivre leur accueil et à ne pas faire une distinction de nationalité ou de religion.

En résumé, une semaine chargée en décrets, en rencontres et aussi et surtout, en une ribambelle de boulettes.

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