Mur, climat, musulmans: voici pourquoi il est temps de prendre Donald Trump au pied de la lettre

Durant sa campagne, Donald Trump a proposé des mesures fortes qui ont en partie choqué l'opinion publique. Une fois élu, beaucoup pensaient qu'il allait mettre de l'eau dans son vin. Mais c'est mal connaître Donald Trump. En l'espace de quelques jours, il a ou va signer des décrets concernant ces trois matières: le mur à la frontière mexicaine, la limitation de l'accès pour les réfugiés et la baisse des dépenses dans les organisations internationales.

Bienvenue dans l'ère de Donald Trump. Cette fois c'est sûr, le milliardaire est bien à la tête de la plus grande puissance du monde et il s'est mis tout de suite au travail. Hier, Donald Trump signait un décret qui lance officiellement la construction du mur sur la frontière mexicaine. Une décision condamnée et regrettée par le président mexicain Enrique Pena Nieto, une décision qui "au lieu de nous unir, nous divise".

Accès limité aux réfugiés

Mais ce n'est pas tout: Trump s'apprête également à signer un ensemble de mesures qui limitent l'accès au territoire américain pour les réfugiés. Un des points vise par exemple à "suspendre les admissions pour tous les pays durant 120 jours. Après cette période, les États-Unis accepteront seulement les réfugiés des pays approuvés par le Département de la sécurité intérieure". Concernant la Syrie, il s'agirait d'un arrêt définitif, jusqu'à nouvel ordre.

Les pays musulmans sont particulièrement visés même si le président des États-Unis ne l'a avoué qu'à demi-mot sur ABC: "ce n’est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme." Il n'hésite pas au passage à glisser un petit tacle à l'Europe qui a "fait une énorme erreur en autorisant des millions de personnes à aller en Allemagne et dans d’autres pays".

"Le monde est un vrai foutoir"

Dans ce décret intitulé "Protéger la nation des attaques terroristes par des étrangers", sept pays musulmans y figurent en tête de liste: l'Irak, l'Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen.

De quoi mettre le monde musulman en colère? "Colère ? Il y a déjà plein de colère. Comment pourrait-il y en avoir plus?", a rétorqué le président. Le monde est un vrai foutoir: "nous n’aurions pas dû aller en Irak. Nous n’aurions pas dû nous en retirer de la façon dont nous l’avons fait. Le monde est un foutoir complet", a-t-il encore indiqué.

Climat et organisations internationales

C'est tout pour cette semaine? Pas du tout. Concernant le climat aussi Donald Trump semble déterminer à tenir ses promesses. On apprenait il y a quelques jours la construction des oléoducs controversés et interdits par Obama, ainsi que la reprise du forage de gaz de schiste. La nomination d'un climatosceptique pour diriger l'agence pour l'environnement nous avait déjà donné la couleur, c'est maintenant confirmé. Il est d'ailleurs intéressant de constater que la rubrique "changement climatique" a disparu du site internet de la l'Agence de protection de l'environnement (EPA), fait remarquer Radio-Canada.

Tu en veux encore? Le New York Times a pu se procurer une note qui prépare les États-Unis à se retirer massivement des organisations internationales comme l'ONU. L'ordonnance prévoit même "la diminution générale d'au moins 40%" dans les fonds versés par les États-Unis.

Les spécialistes de tous bords nous avaient pourtant dit que le président, nouvellement élu, mettrait de l'eau dans son vin, que le mur était une image (pourtant déjà effectif), que les musulmans pourraient toujours avoir accès aux États-Unis, qu'il finirait par entendre raison sur le climat. Eh bien il serait peut-être temps de prendre ce cher Donald au sérieux et littéralement... et d'agir en conséquence.

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