Ok, cette étiquette de vêtement ne parle pas de fourrure de chien, mais est-ce vraiment beaucoup mieux?

Cette photo fait le tour des réseaux sociaux actuellement. Elle suggère que des vêtements sont fabriqués à partir de fourrure de chien, en France. Mais les sites d'hoax crient au gros fake: il ne s'agit pas d'un chien mais d'une sorte de raton-laveur. Voilà qui va rassurer tout le monde... ou pas. Les animaux domestiques sont protégés en Europe contrairement aux animaux sauvages. Pire, l'élevage d'animaux pour leur fourrure est toujours autorisé en Flandre.

Cette photo d'étiquette prise dans un magasin Sport 2000 en France a suscité l'indignation sur le web. On y voit une annotation un peu surprenante: le vêtement contiendrait de la fourrure de chien viverrin.

En faisant un petit tour sur Wikipédia, on se rend compte qu'un chien viverrin (voir photo ci-contre) n'est pas un animal domestique. Il s'agit en fait d'un mammifère carnivore très proche du raton-laveur et qui appartient à la famille des canidés. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la traduction en anglais qui parle de "Raccoon fur", autrement dit, de la fourrure de raton-laveur (le nom exact de la bête: Raccoon dog).

Ce n'est donc à proprement parler pas un animal domestique. Il n'est donc pas protégé par la législation européenne en la matière. Pour rappel la vente de fourrure d'animaux sauvages est toujours autorisée en Europe, même s'il s'agit surtout d'animaux qui sont élevés dans ce qu'on appelle des fermes à fourrures.

L'Europe compte, par exemple, pour 70% de la production mondiale de visons et 63% de l'élevage de renards. Et bien qu'une législation européenne soit venue encadrer la protection des animaux dans les élevages, de nombreux abus sont encore constatés.

Bon point pour la Wallonie, zéro pointé pour la Flandre

En Belgique, pays du surréalisme, il y a bien sûr deux législations différentes. La Wallonie (et Bruxelles) a adopté en octobre dernier un décret visant à interdire l'élevage d'animaux pour leur fourrure. La Région imite ainsi d'autres pays membres de l'UE comme l'Autriche, la Bulgarie et la Croatie. Les Pays-Bas devraient suivre en 2024.

"C’est une excellente nouvelle", avait déclaré, soulagé, le président de Gaia, Michel Vandenbosch à la Dernière Heure. L'association de défense des animaux s'était montrée par contre beaucoup moins tendre avec la Flandre qui compte encore 16 élevages: 160.000 visons sont "maintenus enfermés dans des cages étriquées de la taille de quelques boîtes à chaussures (80x30cm)". Pour prouver ce qu'ils avançaient, ils n'avaient pas hésité à balancer une vidéo en caméra cachée et qui montrait l'envers (l'enfer) du décor.

Mais le ministre du Bien-être animal en Flandre, Ben Weyts (N-VA), travaille apparemment en étroite collaboration avec son homologue wallon, Carlo Di Antonio (CDH). Le ministre aurait même apporté son soutien, comme le confirme Gaia dans la Dernière Heure toujours: "Cette collaboration fructueuse des deux ministres est porteuse d’espoir quant à la possibilité d’une interdiction prochaine des élevages à fourrure en Flandre, comme c’est déjà le cas en Wallonie, à Bruxelles et dans une série de pays européens".

Nous avons tenté de contacter Ben Weyts sur ce dossier mais nous n'avons malheureusement pas pu obtenir de réponse.

La vidéo du scandale de Gaia

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