Trump: "Vous pensez vraiment que je ne serai pas plus dur qu'Hillary Clinton envers Poutine?"

Sans surprise, Donald Trump a qualifié lors de sa conférence de presse, de "bidons", les fuites concernant ses liens avec la Russie et l'existence d'informations compromettantes à son sujet. Par contre, il ne nie pas la possibilité d'un hacking de la part du gouvernement russe. Et se montrera très dur envers Poutine si le piratage était confirmé.

"Des informations bidons ont été publiées par certains médias", a immédiatement commenté le futur président des États-Unis. "C'est un scandale" s'il s'avérait que les services de renseignement ont fait fuiter dans la presse les documents qui l'incriminent.

Première surprise après quelques minutes: il a remercié certains médias qui ne l'ont "pas toujours soutenu" et qui ont remis en cause l'authenticité des 35 pages publiées par Buzzfeed mardi. Sans les citer, il a lancé des fleurs à certains journaux dont la réputation a été "renforcée" à ses yeux. Il a par contre eu un échange verbal virulent avec un journaliste de CNN, qualifiant la chaîne de "fake news".

"Le plus grand créateur d'emplois que Dieu n'ait jamais créé"

S'en suivent quelques minutes d'autosatisfaction où il estime que son action a déjà porté ses fruits. Il fait référence ici à l'industrie automobile qui a décidé de rapatrier certaines de ses usines sur le sol américain. Il vise ici Ford, Fiat et Chrysler et espère que "General Motors fera de même". Il s'est également montré positif sur son action sur le plan militaire: "la situation concernant nos vétérans n'est pas acceptable. J'ai de bonnes nouvelles à leur annoncer. Nous allons leur offrir de meilleurs services : de bons hôpitaux, de bons médecins." Il termine par une phrase dont seul lui à le secret: "je vais être le plus gros créateur d'emplois que Dieu n'ait jamais créé".

"Fake News"

Viennent ensuite les très attendues questions des journalistes. Et ça commence fort: Était-il au courant des renseignements compromettants à son sujet? Il précise d'emblée que la réunion qu'il a tenu avec les services de renseignement était confidentiel, mais il a une nouvelle fois affirmé qu'il s'agissait de "fake news", comme il l'avait tweeté plus tôt dans la journée. "La fuite de ces infos est un scandale. Un groupe d'adversaires a regroupé ces foutaises."

À propos d'un piratage russe, le milliardaire est moins catégorique, mais habilement, il reporte la faute sur le parti démocrate: "Oui le hacking du parti démocrate a sans doute été du fait de la Russie, mais d'autres pays ne se gênent pas non plus. Le parti démocrate était totalement ouvert au hacking, le parti républicain lui s'est défendu et n'a pas été percé". Mais il se veut rassurant: "nous avons les meilleurs spécialistes en informatique au monde". Et il compte bien tenir une autre réunion avec les services de renseignement pour prévenir ce genre d'actes malveillants.

Pas de lien avec Poutine

"Si Poutine aime bien Donald Trump, c'est une bonne chose. Un avantage même dans la guerre contre Daesh, que nous avons laissé grandir en nous retirant d'Irak." Si ce n'est pas le cas, "vous pensez vraiment que je ne serai pas plus dur qu'Hillary Clinton envers Poutine?" Il en profite pour lancer un dernier tacle à sa concurrente pendant la course à la présidence: du fait de piratage, "Hillary Clinton a reçu les questions du débat à l'avance et elle n'a rien dit [...]. Si ça avait été moi, on m'aurait poussé à me retirer".

Il explique aussi qu'il n'a aucun lien avec la Russie: "Je n'ai aucun investissement personnel en Russie et je n'ai aucun crédit bancaire là-bas". Il conclut sur ce chapitre en disant qu'il pourrait "continuer à gérer ses affaires" mais qu'il ne le fera pas. Il a d'ailleurs encore précisé que ce sont ses deux fils qui reprendront l'empire familial.

Sextape: "Est-ce que quelqu'un a vraiment cru à cette histoire?"

Les journalistes enchaînent les questions jusqu'à cette fameuse sextape dont le milliardaire nie bien sûr l'existence. Il ne nie pas s'être rendu à Moscou il y a quelques années pour le concours Miss Univers mais tourne la question en dérision: "je suis un VIP à l'étranger", il veut dire par là qu'il prend toutes les mesures pour ne pas se faire prendre au piège. "Quand je vais à l'étranger, je sais très bien qu'il y a des caméras dans toutes les chambres d'hôtels. Je demande à chaque fois à mon service d'ordre de ne pas se faire piéger, s'ils ne veulent pas se retrouver à l'antenne à une heure de grande écoute". Il termine laconiquement: "Est-ce que quelqu'un a vraiment cru à cette histoire?" Du Trump pur jus qui continue à rester solide face aux accusations.

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