Airbnb fait la guerre à Bruxelles: les dernières mesures étouffent la nouvelle économie

Airbnb a adressé un courrier sur son site à ses "logeurs" de Bruxelles. Dans cette lettre, le site critique la nouvelle ordonnance régionale bruxelloise qui vise à garantir la transparence en matière de partage de logement. Le débat est lancé. 

Toi aussi quand tu voyages, ton premier réflexe pour trouver un logement c'est d'aller sur le site Airbnb? Ce n'est pas cher et c'est facile. Yep, Airbnb connait un succès incroyable partout dans le monde, et sur Bruxelles aussi. L'année passée, le nombre de voyageurs Airbnb qui se sont rendus à Bruxelles s'élevait à 200.000. Grâce à cela, 44% des hôtes ont pu arrondir leur fin de mois.

Mais maintenant, Airbnb se sent menacé. Par quoi? Par une nouvelle ordonnance régionale dont le but est de garantir la transparence en matière de partage de logement. Selon le ministre-président de la région de Bruxelles, Rudy Vervoort (PS), cette ordonnance n'est pas là pour s'opposer à Airbnb, mais elle est là afin de "protéger des abus, les propriétaires de logements, les touristes, et pour garantir la saine concurrence avec le secteur hôtelier existant, déjà peu fringuant". "Quand on dépasse un certain quota de nuits, il ne s’agit plus d’hébergement occasionnel, mais d’activité lucrative non déclarée", dit-il dans le journal l'Echo.

Des restrictions abusives

Mais ce n'est pas ce que pense Airbnb. Le site a publié un courrier sur sa page bruxelloise adressé à ses "logeurs" locaux. Dans cette lettre, Airbnb invite les "logeurs" de Bruxelles à critiquer la nouvelle ordonnance bruxelloise. Pour les responsables de Airbnb, cette nouvelle mesure prévoit "plusieurs restrictions abusives à ce partage, dont une procédure d’enregistrement complexe et disproportionnée".

Le porte-parole d'Airbnb, Bernard D'heygere, a affirmé dans De Tijd qu'ils allaient essayer de faire respecter les nouvelles mesures, mais qu'ils remarquaient que beaucoup de logeurs risquaient de ne pas les suivre, car le processus est très complexe.

Dans son courrier, Airbnb rajoute que les hôtes bruxellois sont "passionnés" et qu'ils se sont "regroupés au sein d’une association. La plateforme a aussi dénoncé les conséquences négatives de cette ordonnance, notamment pour le secteur du tourisme. "Nous espérons que les législateurs régionaux réexamineront les dispositions relatives au partage de logement", affirment-ils.

Une concurrence saine et loyale?

Pour Patrick Bontinck, qui est le président de Visit.Brussels, cette ordonnance ne sanctionnera personne si les principes d'une concurrence saine et loyale sont respectés. "Il faut bien distinguer la plateforme et l’offre d’hébergement touristique variée. C’est cette seconde réalité que la loi recadre. Mais encore faut-il qu’on mette en œuvre les moyens pour vérifier le respect du cadre réglementaire mis en place", dit-il.

Dernièrement, seulement 2.000 propriétaires bruxellois auraient déclaré recourir au site Airbnb et pourtant 6.000 y postent des annonces. En prenant compte de cela, le président de Visit.Brussels pense que cette ordonnance permettrait plus de transparence.

Pour le patron de la structure régionale en charge de la promotion du tourisme, Airbnb n’a rien inventé et n’est pas un nouveau mode de consommation, mais plutôt de commercialisation. Et l’objectif des autorités publiques est de recadrer tous les abus, d’où qu’ils viennent.

Pour certains, le problème est aussi qu'Airbnb se présente comme "une économie collaborative" alors qu'elle devient un vrai monopole d'hébergement. Pour Serge Schultz, un ancien patron hôtelier et maintenant consultant expert, "Airbnb est soutenu par un puissant fonds d'investissement et dépensent un maximum d'argent ans un lobbying intensif."

Bref, le débat est maintenant lancé.

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