Les Sioux ont gagné: le pipeline du Dakota du Nord ne passera pas sur leurs terres

Des semaines de protestations, ces dernières semaines dans un froid mordant, ont obtenu quelque chose: les autorités américaines ne vont pas autoriser le passage d'un pipeline de pétrole à travers le Dakota du Nord, sur le tracé prévu initialement. C'est une victoire des Sioux de Standing Rock et des activistes environnementaux. Mais pour combien de temps? Donald Trump est impliqué financièrement dans le projet et pourrait vouloir influencer la décision.

Depuis des mois, les Sioux de Standing Rock et des activistes environnementaux protestent contre la venue de ce pipeline. Il y a eu des tentatives des autorités locales pour venir à bout des protestations, certes. Mais des Américains venus du pays entier se sont joints au mouvement. Malgré le froid pinçant et la neige, ils ont bivouaqué au pipeline.

Et ils remportent la victoire. D'après le porte-parole du US Army Corps of Engineers: "C'est clair, nous devons explorer d'autres options pour le pipeline". Le corps du génie de l'armée américaine décide en effet de l'autorisation à accorder ou non à ce tronçon.

Sioux

Le tronçon de 3,7 milliards de ce pipeline de quasi 2.000 kilomètres est très controversé. Le pipeline devrait acheminer chaque jour un demi-million de barils de pétroles et passer entre autres sur un territoire où vivent les Sioux. Ceux-ci craignent que le pipeline ne fuite et ne contamine l'eau potable dans leur réserve.

De plus, ce pipeline serait une menace pour des ilôts de nature protégés et traverserait des endroits sacrés des Indiens.

Le pipeline va du Dakota du Nord à travers l'Illinois jusqu'à la côte sud des États-Unis. Les développements sont ralentis depuis septembre. Les autorités américaines ont promis de considérer à nouveau les permis de bâtir sur le territoire de la réserve indienne.

Le gouvernement de Obama a depuis fait pression quelques fois sur les développeurs du pipeline pour qu'ils considèrent avec plus de soin des alternatives à cette route. Mais cela n'a pas vraiment été entendu. Les manifestants ont insisté sur une décision des autorités avant la mi-janvier, le moment où Donald Trump entrera en fonction comme président.

Trump est connu comme opposant au projet et donnerait volontiers une autorisation pour que le pipeline suive l'itinéraire initialement prévu. De plus, il semblerait qu'il ait des intérêts dans ce projet.

Trump

Trump a investi dans Energy Transfer Partners, l'entreprise qui doit réaliser le pipeline Dakota Access. Et Kelcy Warren, le CEO, a investi dans la campagne de Trump.

D'après les documents financiers de la campagne de Trump, celui-ci aurait investi entre 500.000 et un million de dollars dans Energy Transfer Partners. Il aurait aussi mis le même montant dans Phillips 66, une entreprise qui reçoit une participation de 25% dans Dakota Access une fois que le projet est fini.

Kelcy Warren, le CEO de Energy Transfer Partners, a versé 103.000 dollars à la campagne de Trump. Quand celui-ci est devenu officiellement le candidat républicain, Warren a encore donné 66.800 dollars.

On peut donc s'attendre à ce que Trump renverse le cours de la décision. Il a encore fait savoir la semaine dernière que, selon lui, le pipeline devrait être complété aussi vite que possible.

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