Le cabinet de Rachid Madrane (PS) a été perquisitionné concernant un trafic d'orphelins congolais: une procédure "normale"

Le cabinet du ministre de l'Aide à la jeunesse Rachid Madrane (PS) s'est retrouvé au milieu d'une tempête. Parce qu'une employée de la Région wallonne et candidate pour les élections européennes de 2014 semble être mêlée à un trafic d'orphelins au Congo. Le parquet fédéral s'est rendu au service liégeois d'adoption de la région wallonne et au cabinet du ministre Madrane pour y effectuer des vérifications.

À l'origine de cette affaire, plusieurs enfants congolais qui ont obtenu le droit d'être adoptés et accueillis par des familles belges via un orphelinat au Congo. Le souci, c'est que trois de ces onze enfants ne remplissent pas les critères internationaux d'adoption.

Leur venue en Belgique avait pourtant nécessité de nombreuses pressions diplomatiques car ils étaient retenus au Congo alors que ces familles belges payaient déjà depuis deux ans l'orphelinat en question.

Le nœud du problème s'est cristallisé autour d'une femme belge d'origine congolaise, qui a travaillé en tant que juriste pour la Région wallonne. En 2014, elle était candidate sur une liste du parti socialiste. Elle est aussi la directrice de Tumaini, cet orphelinat basé en République démocratique du Congo. Julienne M. L., qui vient de Namur, aurait favorisé l'adoption d'orphelins congolais auprès de familles belges.

Hier, les enquêteurs ont mené des perquisitions, et selon leur communiqué "huit personnes ont été interpellées" et "une personne a été privée de liberté": Julienne M. L.. Elle a été inculpée de prise d’otages de mineurs, de trafic d’êtres humains avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis envers des mineurs d’âge, et de faux et usage de faux en écriture.

Une affaire qui remonte à 2015

L'affaire est sérieuse et remonte au mois de novembre 2015: le réseau qui tourne autour de la juriste/politique belgo-congolaise aurait ainsi fait kidnapper et détenir des enfants. Lorsque les familles adoptives belges étaient prêtes à mettre une grosse somme d'argent, l'adoption était ainsi favorisée. Le parquet fédéral parle maintenant de 60 adoptions dont la procédure n'a pas été respectée correctement.

Rachid Madrane s'est expliqué au JT de la RTBF: le ministre assure que la perquisition est "normale" vu que c'est lui qui chapeaute les adoptions en Fédération Wallonie-Bruxelles. "On a collaboré parfaitement avec les autorités judiciaires dans des dossiers qui se clôturaient au moment où j'arrivais."

Un communiqué du cabinet précise: "Le Cabinet n’intervient aucunement dans les décisions d’adoption. Les adoptions internationales font l’objet d’une décision judiciaire. Ces décisions se basent sur des contrôles dans le pays d’origine et en Belgique, qui impliquent tant l’Autorité Centrale Communautaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles que les Affaires Etrangères et la Justice."

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