La Wallonie en a marre: Carlo Di Antonio menace VW d'aller en justice pour récupérer les 30 millions d'euros perdus

Non, la Wallonie n'a pas oublié le scandale des moteurs truqués sur les voitures Volkswagen. Elle estime que le constructeur allemand lui doit vingt à trente millions d'euros pour les réparations. Pendant un an, elle a choisi la méthode douce en discutant pour trouver un compromis "à l'amiable". Mais cette fois, ç'en est trop! Le ministre de l'environnement Carlo Di Antonio (cdH) menace d'une action en justice.

La Wallonie a vraiment essayé de trouver un accord qui satisfait tout le monde. Elle est en discussions avec Volkswagen depuis un an mais tout cela n'a servi à rien. Cette fois, elle hausse le ton et menace le constructeur allemand d'aller en justice. Le scandale des moteurs truqués lui a coûté très cher. Et elle veut que VW sorte le portefeuille au plus vite.

Rappelle-toi en septembre 2015, l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) révélait que VW utilisait des petits logiciels frauduleux pour réduire les émissions polluantes dans ses moteurs diesel et essence. Comme ça, ils pouvaient passer haut la main les tests d'homologation et recevoir le certificat vert destiné aux moteurs écologiques. Et ce n'était pas une petite affaire puisque onze millions de Volkswagen, Audi, Seat, Škoda et Porsche étaient concernées dans le monde entier. Il a donc fallu rappeler tous ces véhicules pour les "réparer".

Entre 20 et 30 millions d'euros de préjudices

Plusieurs pays ont directement réagi en portant plainte, comme les États-Unis, la France, l'Allemagne et l'Espagne. La Flandre aussi a préféré ne pas chipoter et se porter partie civile dans le dossier. Mais la Wallonie avait d'abord opté pour la méthode douce: la "discussion à l'amiable". Parce que Volkswagen avait déclaré dans la presse qu’il était disposé à indemniser directement les différents États concernés... Sauf que cela fait maintenant plus d'un an et la Wallonie n'a rien touché!

Selon une information de L'Écho, le ministre wallon de l'Environnement Carlo Di Antonio (cdH) a décidé de réagir et de changer de ton: "Je suis très pessimiste sur les chances d’arriver à un accord à l’amiable avec le constructeur allemand". Et il a de quoi s'impatienter, il estime que le préjudice subi par la Wallonie s'élève entre 20 et 30 millions d'euros.

Volkswagen ne donne plus de nouvelles

De son côté, Volkswagen s'est plongé dans le silence depuis des mois. Selon Di Antonio: "Plusieurs informations ont été sollicitées auprès du groupe pour faire toute la transparence sur ce dossier et pour donner des pistes pour quantifier le dommage environnemental réel. Si les premiers contacts laissaient apparaître un écho favorable, la Wallonie doit finalement constater le refus de principe du groupe Volkswagen de s’inscrire dans le cadre d’une indemnisation à l’amiable. Les éléments permettant de déterminer les taux réels de CO2, de particules fines et de NOx émis par les véhicules concernés n’ont jamais été communiqués".

Les négociations sont donc terminées, la Wallonie a même déjà pris un avocat. Di Antonio explique à L'Écho: "Nous venons de recevoir le 20 octobre dernier un rapport de notre avocat reprenant les différentes démarches entreprises dans le cadre de ce dossier, ainsi que ses conclusions. A la lumière de celui-ci, je vais proposer au gouvernement de mettre fin à la mission de l’avocat désigné pour mener ces négociations. La possibilité d’introduire une procédure civile par voie judiciaire à l’encontre du groupe Volkswagen et de solliciter la désignation d’un expert judiciaire sera examinée par le gouvernement dans le cadre d’un nouveau mandat à conférer au cabinet d’avocats qui défendra les intérêts de la Wallonie. Sans réaction de VW d’ici là, nous porterons plainte".

Qui paye ses dettes s'enrichit, la prochaine étape se fera donc très certainement devant les tribunaux!

Déjà lu?