L'UE critique encore le gouvernement Michel: sommes-nous vraiment le plus mauvais élève de la classe?

La Belgique est-elle tombée dans le groupe des pays plus que moyens de la zone euro? Tous les voyants de la Commission européenne sont en tout cas au rouge. Aujourd'hui, elle a rendu un avis négatif sur le budget belge pour 2017. Elle menace même de la rétrograder dans le groupe des pires pays et de lui infliger une "surveillance rapprochée". Ce serait un échec total pour le gouvernement Michel.

Les promesses électorales de 2014 étaient claires et partagées par tous: le budget sera à l'équilibre sous le gouvernement Michel. Et si nécessaire, une série de réformes seront mises en œuvre. Avec son slogan "montre-moi l'argent", la N-VA attaquait même l'ancien gouvernement d'Élio Di Rupo (PS).

Mais aujourd'hui, c'est la grosse gueule de bois. La Commission européenne n'a pas du tout été impressionnée par les efforts budgétaires de la Belgique. L'objectif européen de ne pas dépasser les 3% de déficit est bien loin d'être atteint. Pour y arriver en 2018, il faudra faire des grosses économies, environ 9 milliards d'euros. Mais le Premier ministre Charles Michel (MR) et son parti ne sont pas du tout partisans des grandes restructurations douloureuses. Le CD&V aussi préfère montrer un visage plus social. Bref tous les partis s'éloignent de plus en plus de l'objectif d'équilibre en 2018. Même la N-VA, pourtant tenace, semble abandonner l'idée.

Mais l'Europe n'est pas ok. Parce que la croissance économique de la Belgique ne va pas si bien. Et c'est un facteur de bonne santé des caisses de l'État. S'il n'y a pas de croissance économique, un équilibre budgétaire est extrêmement compliqué à atteindre. La Belgique n'a pourtant pas si mal encaissé la crise par rapport aux autres pays européens. Mais maintenant, son moteur tourne presque au ralenti. Au cours du troisième trimestre, la croissance a été d'à peine 0,2% et de 1,2% pour toute l'année. Ce n'est vraiment pas grand-chose.

L'Italie aussi dans le rouge

La Commission européenne a présenté aujourd'hui son rapport sur le plan belge pour le budget 2017. Elle a pointé du doigt un risque de "non conformité" de celui-ci. C'est le même problème pour l'Italie, Chypre, la Lituanie, la Slovénie, l'Espagne, le Portugal et la Finlande. Bim.

Ces pays sont menacés d'être relégués sur le banc des pires élèves et de recevoir la mention "à risque". La dette nationale augmente de plus en plus et le vrai ménage sur les finances reste à faire.

Et le pire est à venir pour le printemps. Si les nouvelles mesures (telles que la taxe Caïman sur le patrimoine à l'étranger) qui arrivent n'apportent pas ce que le gouvernement espère, alors la Commission européenne imposera la "surveillance renforcée" à la Belgique. Comme elle le fait déjà pour les pays européens dans la galère économique. Ce serait un retour en arrière horrible pour Michel et son équipe puisque le gouvernement précédent d'Élio Di Rupo (PS) avait déjà eu cette mention.

Du coup, le Premier ministre Michel veut prendre des mesures. Il rencontrera cette semaine le reste du gouvernement pour trouver de nouvelles solutions. Parce qu'il suffirait de quelques grandes réformes pour obtenir un avis positif de la Commission. Les trois partis flamands au gouvernement ont déjà proposé des mesures. Par exemple, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) veut réformer l'impôt des sociétés. Et l'Open-Vld veut mettre en place un système qui taxe l'argent qui dort sur les comptes d'épargne.

Ces mesures pourraient marquer des points auprès de la Commission européenne qui verrait que la Belgique se lance dans une vraie réforme. En tout cas, il faut rapidement un gros effort sur le budget pour éviter le carton rouge.

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