Paul Magnette se justifie sur le CETA: "Grâce à nous, l'UE devra écouter le désir d'un monde où le commerce n'est pas au centre"

La Wallonie a finalement donné son feu vert pour la signature du CETA, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. Mais elle n'a pas pour autant éteint le feu des critiques. Son président Paul Magnette (PS) a publié une tribune dans The Guardian pour répondre en anglais à ses détracteurs du monde entier.

Ok le CETA est signé mais la pilule, elle, ne semble toujours pas bien passer. En s'opposant si vivement à cet accord commercial, la "petite" Wallonie a braqué les projecteurs du monde entier sur elle et s'est attirée les foudres du Conseil européen et du Premier ministre canadien, entre autres. Mais elle n'a pas réussi à contenter ses citoyens puisque des manifestations anti-CETA continuent d'être organisées en Belgique. C'est dans ce contexte que le président du Parlement wallon, Paul Magnette (PS), a publié une tribune en anglais dans The Guardian.

Pour lui, dans la saga sur le CETA, la Wallonie ne doit pas être vue comme la seule région isolée qui a tout bloqué: "Est-ce que les Wallons rêvent d’un monde plus fermé avec des frontières et des limites reconstruites? Ou sont-ils juste les homologues européens des citoyens américains qui ont voté pour Donald Trump, en espérant que le milliardaire qui s’oppose au TTIP et à d’autres accords commerciaux contrecarre les effets du commerce international sur leurs jobs et leurs salaires?"

"Les gens ont peur du commerce international"

L'opposition wallonne sur le CETA est d'abord née d'organisations et de mouvements citoyens. Plus leurs voix se faisaient entendre et plus les politiciens les ont portées. Pourquoi? Parce que pour Magnette, leurs craintes dépassaient les intérêts purement locaux de la Wallonie.

Le ministre-président wallon dit avoir agi "pour rendre la parole à la société civile". Pour lui, il n'y a pas qu'en Belgique que les gens ont peur que des multinationales attaquent les lois qui protègent la santé, les services publics ou l’environnement, juste pour sécuriser leurs propres investissements. Parce que des traités internationaux comme le CETA pourraient avoir des effets dans d'autres domaines que le commerce.

Rappelle-toi, les craintes portaient surtout sur les OGM, les bœufs aux hormones, les OGM, les tribunaux privés... et pas seulement sur les tarifs douaniers. Du coup, il en veut à la Commission européenne qui "aurait dû comprendre qu’un tel traité avec des effets si larges ne laisserait pas l’opinion publique indifférente dans les nations et les régions".

Mais "le CETA n'est pas le pire des traités"

Pendant plus d'un mois, la Wallonie a tenu bon face aux critiques. Mais elle a finalement accepté la signature du traité le 27 octobre dernier.

Alors que beaucoup le dénonçaient comme "le cheval de troie" du TTIP, le CETA n’est en fait, pour Magnette, "pas le pire des traités par rapport à nos standards sociaux et environnementaux". Il serait même, selon lui, "l'un des plus avancés".

"Une approche européenne différente" pour l'avenir

Pour les prochains accords internationaux, Magnette espère que d’autres pays européens se rallieront à la même cause. Il veut que "l’Europe ne soit plus jamais capable de négocier des traités commerciaux comme elle l’a fait avant".

Pour lui, "Bruxelles doit comprendre qu'il faut réconcilier l’UE avec ses citoyens pour éviter un autre Brexit". Et comment? "En écoutant les désirs de la population qui veut un monde où le commerce n’est pas au centre de tout".

Tu l'as compris, s'il a écrit son opinion dans un média britannique, c'est dans le but de répondre aux critiques qui fusent toujours en dehors de la Belgique. Et parce qu'il veut lancer un message positif pour une Europe future "plus transparente et plus responsable" envers ses citoyens.

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