L'avocate du Syrien en procès avec Francken a réagi: "Notre client est bien une victime du régime d'Assad"

"Nos clients sont effectivement en danger. Vous pouvez très bien vivre sous le régime d'Assad et demander l'asile. Parce que l'organisation pour laquelle il travaille, la Chambre de Commerce, n'est pas une institution gouvernementale. Il ne connaît pas personnellement le président de cette chambre (Fares Chehabi, qui est sur la liste noire européenne pour ses liens avec les terroristes d'Assad)" a réagi l'avocate Mieke Van den Broeck du cabinet Progress Lawyers Network après avoir entendu dire que son client était un allié d'Assad.

Les avocats d'une famille syrienne, Progress Lawyers Network, et le Secrétaire d'État à l'Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) mènent actuellement une bataille juridique très intense. La famille a demandé un visa humanitaire pour la Belgique à l'ambassade de Belgique à Beyrouth avec l'intention explicite de, une fois sur place, demander l'asile en Belgique. Ils peuvent produire assez de ressources, ils ont un endroit où rester en Belgique: une famille wallonne veut bien accueillir la famille. La fille a rencontré la famille à Istanbul.

Francken a refusé de leur donner des visas. Selon lui, cela pourrait créer un dangereux précédent. N'importe qui pourrait alors se rendre dans une ambassade ou un consulat belge n'importe où dans le monde pour demander un visa humanitaire et ensuite faire une demande d'asile une fois en Belgique. Sur Facebook, newsmonkey a trouvé des détails sur cette famille. Le plus étonnant: le père travaille pour la Chambre de commerce d'Alep, une institution du régime. Sur sa page Facebook, on voit des photos de lui et Assad. Et il se rend très souvent à l'étranger.

Un job comme un autre

L'avocate Mieke Van den Broeck avait repris contact avec son client et il est très inquiet. "Nous essayons de faire en sorte que son nom ne soit pas révélé dans les médias. Nous devons l'abriter pour le protéger du régime d'Assad. Lui et sa famille sont en effet en danger."

Elle confirme que les informations de newsmonkey sont correctes: l'homme travaille bien pour la Chambre de commerce d'Alep. "Notre client travaille là en effet, ce qui est comme travailler à la Voka chez nous. Ce n'est pas un organisme gouvernemental, mais comme chez nous, il est bien sûr associé au régime. Mais c'est une organisation dédiée aux entreprises syriennes et aux hommes d'affaires. Qu'il soit sous la tutelle du gouvernement ne signifie pas que notre client travaille simplement pour le régime. Notre client a juste un emploi, comme tout le monde. "

En Syrie, vous n'avez pas le choix

Que le président de la Chambre à Alep soit Fares Chehabi, un riche homme d'affaires ayant des liens étroits avec le régime et inscrit sur la liste noire européenne des criminels du régime d'Assad, cela n'explicite en rien la façon dont le client de Van den Broeck voit les choses. "Il connait l'homme mais il ne l'a jamais vu. Cette fonction de président est un titre honorifique, mais nos clients ne traitent pas avec lui."

Et la photo avec un portrait grandeur nature d'Assad est aussi normale, a-t-elle expliqué: " C'est un pays où l'on fait beaucoup de propagande. C'est normal qu'il apparaisse en photo. Mais ce n'est pas parce que tu apparais sur une photo que tu soutiens le régime. Il existe un grand nombre de demandes acceptées venant de gens qui ont vécu en Syrie sous le régime Assad, ce qui n'est, comme vous le savez, vraiment pas amusant. C'est pourquoi ils sont reconnus comme des réfugiés et des demandeurs d'asile. Notre client est dans la même situation. En Syrie, vous n'avez pas beaucoup de choix ".

"Optimiste"

Concernant les photos où on le voit faire la fête: "Il se décrit sur son profil Facebook comme quelqu'un d'optimiste. Il veut partager un message positif, malgré toutes les souffrances et la misère. Surtout à sa famille qui est déjà partie, il veut leur donner de l'espoir. Donc, il préfère partager des photos de fêtes sur Facebook plutôt que de la misère et de l'abandon."

Van den Broeck espère voir Francken reconnaître que la situation de la famille est très grave. "Ils sont coincés dans Alep et tout le battage médiatique ne facilite pas les choses pour eux: ils sont en grave danger."

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