Le PS lance l'idée d'une taxe automatisation: les entreprises qui remplacent leur personnel par des machines devront payer plus 

Le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS), vient d'avoir une idée pour améliorer les finances de la Région wallonne: la taxe automatisation. Les entreprises qui remplacent leur personnel par des robots devront payer une taxe supplémentaire. Le cdH, son partenaire de coalition, s'est déjà dit totalement contre. Encore un coup d'essai dans l'agenda économique du PS qui se sent de plus en plus menacé par le PTB.

En 1779, Ned Ludd, un tisserand britannique à Anstey (Leicester), sabotait des métiers à tisser. Cet incident marqua le début du mouvement des luddistes, ou les "briseurs de machines". Ils se sont vivement opposés à la révolution industrielle en brandissant des slogans "King Ludd".

Aujourd'hui, c'est un peu comme si le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS) faisait revivre "King Ludd". Car le combat contre les machines recommence. Mais cette fois, il ne s'agit plus de les casser mais de les taxer. Lacroix veut que les entreprises qui remplacent leur personnel par des machines payent une taxe supplémentaire, la "taxe automatisation".

Il a récemment annoncé dans le journal L'Echo qu'"il faut combattre l’automatisation qui entraîne la perte d’emplois de personnes peu qualifiées". Et il se justifie en expliquant qu’il n’est pas normal qu’une entreprise qui décide de licencier des travailleurs pour les remplacer par une machine ne participe pas à "l’effort global".

Encore un coup dans l'eau pour le PS?

Cette nouvelle proposition montre que le Parti socialiste se déplace de plus en plus vers la gauche sur l'axe socio-économique. Toutes les positions que ses membres ont défendues ces derniers mois le prouvent aussi: la semaine de quatre jours de travail pour tous, ou encore l'opposition ferme à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA). Pour rappel, la Wallonie est la seule à s'opposer à ce traité.

Les spécialistes interprètent ce virage à gauche comme une réponse à la montée du PTB (le Parti du Travail de Belgique), beaucoup plus à gauche que lui. Les communistes ont grimpé dans les derniers sondages: ils sont à 15% des intentions de vote, devenant ainsi le troisième parti en Wallonie. Elio Di Rupo et son parti sont donc prêts à tout pour lui barrer la route, même si cela nécessite des choix politiques drastiques.

Un projet mort-né?

Mais la taxe automatisation pose déjà problème: le partenaire de coalition du PS au gouvernement wallon est contre.

Son vice-président, Maxime Prévot (cdH) s'est empressé de réagir sur Twitter: "L’essor numérique de nos entreprises = enjeu stratégique. Peu compatible a priori avec une taxe sur l’automatisation". Il juge l'idée "inconcevable" et est rejoint par les organisations patronales. Pour lui, le principal défi est que la Wallonie ne quitte pas la voie vers la digitalisation.

Source: L'Echo

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