Le PS et le cdH bloquent l'EU et Justin Trudeau: ils refusent de signer l'accord de libre-échange avec le Canada (CETA)

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, est vu comme le nouveau superman progressif du monde. Mais ce n'est pas l'avis du PS et du cdH, qui refusent l'accord de libre-échange (le CETA) avec le Canada. Ils menacent clairement la ratification du traité. Trudeau ne viendra donc pas visiter Bruxelles, c'est clair. 

C'est une affaire diplomatique très difficile pour la Belgique, car c'est le seul pays de l'UE qui menace l'accord de libre-échange avec le Canada. Le PS et le cdH veulent imposer de nouvelles conditions avant d'accepter le traité. Ce dernier doit normalement être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

En Belgique, les entités fédérées sont responsables du commerce extérieure et elles doivent donc accepter et signer les accords de libre-échange. En conséquence, les parlements wallon et bruxellois peuvent menacer d'utiliser leur droit de veto contre l'accord que l'UE négocie depuis des années avec les Canada.

Et c'est un scénario envisageable: si les parlements bruxellois et wallon ne donnent pas leur feu vert à l'accord, le processus sera coincé. Du à cela, le ministre des Affaires Étrangères, Didier Reynders (MR), ne peut signer l'accord et c'est Charles Michel (MR) qui devra expliquer la situation. Et le gouvernement fédéral ne peut pas forcer non plus: la N-VA est en effet pour l'autonomie régionale et elle ne va donc rien faire pour discréditer le pouvoir des régions.

400 millions d'euros d'extra exportations en Flandre seulement

Le refus de cet accord pourrait avoir de grandes conséquences: des milliards pour l'UE et le Canada envolés, des potentiels nouveaux emplois à la poubelle. Rien qu'en Flandre, on parle de 400 millions d'euros d'exportations extra. Il est quasi certain que le sommet UE-Canada prévu pour la fin du mois ne va pas avoir lieu et du coup pas de Justin Trudeau.

Toutefois, la Commission européenne a tout essayé pour convaincre les gouvernements wallon et bruxellois. La Commissaire européenne au commerce a essayé de convaincre le PS et le cdH. Mais le CETA est intimement lié au TTIP, un autre accord de libre-échange important entre l'Union européenne et les États-Unis.

Beaucoup d'européens ont peur du TTIP et du CETA

La lutte contre le TTIP existe depuis plus longtemps. Beaucoup d'européens ont peur que certaines règles et lois ne soient trop laxistes et que l'économie américaine gagne un contrôle important sur l'économie européenne, imposant donc "ses règles du jeu". La plus grande préoccupation sont les tribunaux commerciaux qui pourraient, si le traité est signé, prévaloir sur les tribunaux publiques pour les litiges entre les gouvernements et les investisseurs étrangers.

Ces mesures sont aussi inclues dans le CETA. En Autriche, Bulgarie et la Roumanie, il y avait aussi des opposants au traité, mais ils ont été convaincus par l'ajout de certaines conditions. Mais en Wallonie et à Bruxelles, les gens ne veulent pas discuter. Des parlementaires du PS, du cdH et même du FDF sont contre.

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