Le roi au Japon, on en parle? Pas un seul ministre n'est présent pour "couvrir" sa visite

La crise du gouvernement belge se ressent même de l'autre côté de la planète. Le roi est en ce moment au Japon pour une visite officielle. Sa visite doit, en principe, toujours être "couverte politiquement": un membre du gouvernement doit l'accompagner pour faire des contacts politiques et tout ce que dit le roi doit être ratifié au nom du gouvernement belge démocratiquement élu. Seul hic... Didier Reynders n'est pas présent parce que c'est la crise en Belgique.

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont en visite d'État au Japon pour entretenir des relations qui datent déjà de plus d'une centaine d'années entre les deux pays. En temps normal, il y a toujours un membre du gouvernement pour les accompagner, c'est la base pour une visite de ce niveau: le roi n'est pas forcément qualifié pour parler de politique. Comme il n'est pas élu, on fait toujours en sorte qu'un membre du gouvernement l'accompagne afin que la politique que le roi évoquera dans ses discours et qui sera reprise dans la presse japonaise ait bien été ratifiée.

Seulement, il n'y a aucune couverture politique. Et ça, ça énerve fort l'entourage du roi. Frans Van Daele, le chef de cabinet du roi, explique au journal De Tijd que la façon dont se déroule les événements au Japon est tout sauf drôle. Van Daele a été un diplomate très haut placé pendant de nombreuses années avant de passer au service du roi. Il a une connaissance de la diplomatie qui est primordiale pour le gouvernement.

Reynders devait venir mercredi, mais ça, c'était avant la crise ...

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) devait normalement se rendre au Japon mercredi, une fois que le Premier ministre Charles Michel aurait présenté son discours de politique générale à la Chambre. Mais vu que les déclarations du Premier sont reportées, on ne sait pas ce qui va se passer. Une chose est sûre, il est impensable de ne pas envoyer quelqu'un au Japon. Parce que mercredi, le roi a rendez-vous avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Ce qu'il va se passer reste un mystère car Reynders est indispensable au MR pour conduire les négociations sur le budget. En dernier recours, le gouvernement pourrait envoyer le secrétaire au Commerce extérieur Pieter De Crem (CD&V). Seulement, il est en formation à Harvard. Toutefois, De Crem a été rappelé par le Premier ministre depuis Boston pour assister au discours de politique générale, ce qui, avec le recul s'est avéré inutile puisqu'il n'y a pas eu de déclaration politique préliminaire.

Quoi qu'il en soit, le roi a rendez-vous demain avec l'empereur du Japon. Et ensuite, il y aura un banquet d'État. Sauf que dans les deux cas, il n'y aura personne du gouvernement fédéral. Maigre consolation: le ministre d'État Willy Claes (sp.a) sera présent. Son rôle est totalement cérémoniel, Claes n'est là qu'en tant que représentant de l'éducation du Limbourg... Au moins, il donne une touche "officielle" à la visite.

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